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"Je vais le frapper !" : des négociateurs du GIGN forment les élus locaux aux situations de crise en Gironde

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Par , France Bleu Gironde

En Gironde, des gendarmes négociateurs formés par le GIGN dispensent une série d'ateliers pédagogiques à destination des maires. Le premier rendez-vous avait lieu ce 11 mai, à Saint-Émilion.

Il crie, envoie un grand coup de poing sur la table. "Je vais le frapper, je vous jure !" Dans la peau du voisin excédé, le gendarme Rémi* est impressionnant de réalisme. Face à lui, Pascal Mouchet, conseiller municipal de Rauzan, en Gironde, chargé d'apaiser les esprits de l'homme en colère. 

En un an, trois fois plus d'agressions, menaces ou insultes contre les maires 

Comme lui, ils étaient une dizaine de maires et d'élus locaux, ce mardi 11 mai, réunis dans une salle de Saint-Émilion pour recevoir cette formation dispensée par Rémi et Jean-Luc*, deux gendarmes négociateurs de crise, formés par le GIGN. La genèse de cette formation : le nombre d'agressions envers les élus locaux, en très forte hausse l'an dernier. En 2020, près de 1300 agressions, menaces ou insultes ont été recensées contre des élus, soit trois fois plus qu'en 2019, selon les chiffres du ministère de l'Intérieur.

Pour permettre aux maires de Gironde de savoir comment réagir face à une situation de crise, ou en passe de dégénérer, les gendarmes dispensent une formation d'une heure et demie, théorique, sur la psychologie humaine. Puis, c'est l'heure de passer à la pratique : les mises en situation ne ménagent pas les pauvres élus. 

Rémi*, négociateur régional de crise à la gendarmerie, détaille l'utilité de la formation

"On les secoue un peu", concède Rémi*, "mais c'était pour qu'ils voient ce qui pouvait provoquer le stress, pour que leur réponse soit la plus proche de la réalité quand ils en auront besoin. L'objectif est d'apprendre à gérer pacifiquement une situation de crise. Il y a une méthodologie qui permet de désamorcer une situation, sans qu'une violence s'installe." Son collègue, Jean-Luc, abonde : "On leur fait toucher du doigt ce qui peut leur arriver au quotidien. Ces outils peuvent leur permettre de faire redescendre une situation difficile pour eux."

"Un peu violent, ça surprend, mais ça m'a donné des clefs"

Verdict des intéressés ? Pascal Mouchet, de Rauzan : "J'ai trouvé ça un peu violent, ça surprend, on ne s'y attend pas. Mais ça m'a donné des clefs." Après lui, c'est à Myriam Régimon, maire de Soussac, de passer sur le grill : elle se retrouve face aux deux gendarmes, dans le rôle de deux forains pas d'accord sur l'emplacement de leurs manèges.

Les impressions de Myriam Régimon, maire de Soussac

Myriam Régimon, maire de Soussac
Myriam Régimon, maire de Soussac © Radio France - Lisa Guyenne

Michel Macias, maire de Daignac, estime comme ses collègues que cette formation est salvatrice, surtout vu la période : "Les gens sont très tendus. Des fois, je vois des comportements qui m'étonnent, alors que je connais bien les personnes. Je suis persuadé que c'est à cause de la période que l'on vit."

À écouter - Le reportage de France Bleu Gironde

*prénoms d'emprunt. Les gendarmes négociateurs ne donnent pas leur véritable identité, en cas de représailles.

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