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Société

"Je veux partir sans souffrance" : le témoignage sur la fin de vie de Marie-Josèphe, une Creusoise de 99 ans

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Par , France Bleu Creuse, France Bleu

Le débat sur la fin de vie fait son retour dans l'actualité après les multiples rebondissements de l'affaire Vincent Lambert cette semaine. À 99 ans, Marie-Josèphe a rempli des directives anticipées, censées guider le corps médical dans les dernières volontés de cette Creusoise.

Marie-Josèphe dans sa maison à Bonnat
Marie-Josèphe dans sa maison à Bonnat © Radio France - Clément Conte

Bonnat, France

"J'estime que ma vie est finie." La voix de Marie-Josèphe Kadri ne tremble pas. À 99 ans, cette habitante de Bonnat, raconte sa vie chargée, remplie de rencontres et de déplacements. Une longue vie qui la mène en Creuse il y a 15 ans, dans une maison familiale où elle veut maintenant terminer ses jours. 

La question sur cette fin approchante, Marie-Josèphe se la pose tous les jours. Alors elle a pris ses dispositions. Elle a rempli le document de directives anticipées, sortes de "dernières volontés médicales", disponibles sur plusieurs site, dont celui du ministère de la Santé. Ces documents, qui évitent les conflits familiaux comme dans le cas de Vincent Lambert, sont remis aux proches et aux médecins. 

Une sédation profonde et continue jusqu'au décès

L'idée de rédiger ces directives anticipées est arrivée après un court séjour à l'hôpital : "J'y suis restée deux semaines. Je me suis crue en enfer. J'étais la seule à avoir toute ma raison. Je me suis alors dit que dans ce cas précis, je ne voudrais pas que l'on me garde." Dans ces choix de fin de vie, et en cas de maladie, Marie-Josèphe souhaite même une sédation profonde et continue : "Je veux mourir chez moi, dignement et doucement. J'ai vu trop de personnes mourantes qui avaient des tuyaux pour manger et respirer et qui imploraient des yeux qu'on les débranche. Pour moi c'est de la torture. Je ne veux pas d'acharnement thérapeutique."

Pas question pour elle de retourner à l'hôpital. Trop de mauvais souvenirs, c'est ce qu'elle explique dans ses directives anticipées. Et si les problèmes médicaux reviennent, Marie-Josèphe voudra en finir : "J'aime lire et écrire, je ne pourrais plus le faire. La vie qui vaut la peine d'être vécue, c'est une vie où il reste quelques plaisirs."