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Société

Jean-Jacques Auduc, plus jeune résistant de la Sarthe, est mort à 86 ans

vendredi 25 août 2017 à 21:50 Par Maxime Fayolle et Pierre-Antoine Lefort, France Bleu Maine

C’était une figure de la Résistance sarthoise. Jean-Jacques Auduc est mort ce jeudi à 86 ans. Pendant la Seconde Guerre Mondiale, alors âgé de seulement 11 ans, il avait suivi sa famille dans la Résistance, en tant qu’agent de liaison.

Jean-Jacques Auduc, invité de France Bleu Maine en 2014
Jean-Jacques Auduc, invité de France Bleu Maine en 2014 © Radio France

Le Mans, France

Il était le dernier survivant du réseau Buckmaster, un réseau chapeauté par Londres chargé des renseignements, sabotages et parachutages d’armes. Jean-Jacques Auduc était un des plus jeunes résistants de France. Il était agent de liaison c'est à dire que c'est lui qui transmettait des messages, alors que les adultes étaient très contrôlés à l'époque.

Le réseau finira pourtant par tomber. Il est démantelé en 1943. La famille Auduc a payé un lourd tribut pour son engagement. Les deux parents sont déportés. La mère Renée, décède quelques mois après son retour de Ravensbrück.

Un rôle clé dans la Résistance

A l’annonce de sa mort, Yves Voisin, représentant de la Fédération des déportés, internés résistants et patriotes, n’est pas surpris. « Il était diminué depuis quelques temps, mais continuait à s’engager dans les actions de transmission autour de la Résistance », insiste-t-il. Et Yves Voisin de détailler le rôle de petite main de Jean-Jacques Auduc. « Il partait de chez ses parents, qui lui donnaient des messages à transférer en Angleterre en allant à l’Hotel de la Calandre. Il avait donc dans le guidon de son vélo le message qui était roulé, et le glissait en arrivant dans un radiateur hors service. » Avant qu’un autre intermédiaire ne prenne le relai.

"J'avais confiance en mes parents. S'ils m'embarquaient dans une histoire comme ça, c'est parce qu'il fallait que ce soit fait." Jean-Jacques Auduc, en juin 2014

Une prise de risques courageuse pour un enfant de cet âge. « A 11 ou 12 ans, on a beaucoup d’insouciance. Les enfants n’ont pas peur », analyse Yves Voisin. Une explication corroborée par Jean-Jacques Auduc, invité par France Bleu en 2014. « J’avais confiance en mes parents, et je pensais que s’ils m’embarquaient dans une histoire comme ça, c’est parce qu’il fallait que ce soit fait. Toutes les rues du Mans étaient barrées, il n’y avait qu’un enfant pour passer et transporter les messages. »

Jean-Jacques Auduc était notre invité en juin 2014

"J'ai eu des enfants de 11 ans et je me suis posé la question : est-ce que je les embarquerais dans une histoire comme ça ? Parce que les enfants qui sont partis, presque aucun n'est revenu. Nous ne connaissions pas l'horreur des camps de concentration. On pensait que nos parents allaient travailler en Allemagne dans des usines comme des ouvriers jusqu'à la Libération que nous espérions de tout cœur. Aujourd'hui on sait les horreurs qui se sont passées, notamment ma maman qui a été vendue pour 170 marks au laboratoire Bayer pour faire des expériences. 98% de ces femmes allaient au four crématoire. Elle est rentrée dans des souffrances terribles et elle est morte à 41 ans."