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Société DOSSIER : Centenaire de la Première Guerre mondiale

Guerre 14-18 : l'histoire tue de Jean Lavielle, poilu de la vallée d'Aspe condamné au bagne pour mutinerie

mardi 6 novembre 2018 à 18:41 Par Daniel Corsand, France Bleu Béarn

Danny Barraud, historien de l'association "mémoire d'Aspe", a réalisé un travail colossal pour retrouver le parcours des poilus de la vallée d'Aspe. Parmi eux : Jean Lavielle, d'Accous, condamné à 10 ans de bagne pour avoir refusé à ses supérieurs une énième charge sur le plateau de Craonne.

Jean Lavielle a échappé à la peine de mort après la mutinerie de Craonne
Jean Lavielle a échappé à la peine de mort après la mutinerie de Craonne - Archive mémoire d'Aspe

Accous, France

La bataille de Craonne, avec celle de Verdun a été la plus violente, et la plus absurde. Depuis le début de la bataille du chemin des dames, Jean Lavielle, avec ses camarades du 18ème régiment d'infanterie ont toujours obéi aux ordres d'avancer. Mais pas ce matin là. Un matin de mai 1917. Certains des mutins de Craonne ont été fusillés "pour l'exemple", comme Jean-Louis Lasplacette d'Aydius. D'autres seront envoyés en première ligne avec un autre régiment. En juin 1917, Jean Lavielle est, lui, condamné par le conseil de guerre à 10 ans de bagne.

Danny Barraud, l'historien qui a étudié son parcours et notamment son dossier militaire, parle d'un "soldat méritant qui n'était pas destiné à devenir un mutin". Mais l'offensive Nivelle, qui, mi-avril, fait autour de 30 000 tués en une semaine, entame sa détermination. Comme son voisin d'Aydius, Jean-Louis Lasplacette, Jean Lavielle refuse donc de repartir en première ligne : "Ce sont des gens qui ne refusaient pas le combat", explique Danny Barraud. "Ce qu’ils voulaient c’est qu’on les respecte. Ils étaient d’accord pour défendre les tranchées, mais ils en avaient assez de ces attaques incessantes qui ne faisaient qu’éclaircir leurs rangs. Il y a un historien qui a parlé d’une grève plutôt que d’une mutinerie. C’est une grève. Ils veulent bien défendre les tranchées, la République, mais ils veulent qu’on les respecte en tant qu’êtres humains."

Son histoire restée secrète

Jean Lavielle est né en 1883 à Accous. Il quitte la vallée très jeune pour devenir laitier à Bordeaux. Il fait son service dans les douanes avant d'être mobilisé en 1915 au 18ème RI. Après la mutinerie de Craonne, il est donc envoyé au Bagne près d'Alger, un bagne très dur, au pénitencier de Douera, dont un autre Aspois d'Escot ne reviendra pas. Jean est gracié en 1925. Il revient à Accous, où son histoire va rester un secret, avant de réintégrer les douanes. En 1939, il meurt à Accous des suites d'un accident de charrette. Il avait 56 ans. Tout le monde dans sa famille est tombé des nues quand Danny Barraud, l'historien de l'association "mémoire d'Aspe", leur a raconté le passé de bagnard/mutin de leur aïeul.

"Itinérance mémorielle"

Partout en France, on rend hommage aux soldats morts sur les champs de bataille à l'occasion du centenaire de l'armistice du 11 novembre. Emmanuel Macron a entamé ce dimanche 4 novembre à Strasbourg une "itinérance mémorielle", un long déplacement dans les départements du Grand Est et des Hauts-de-France à cette occasion. Toute la semaine, France Bleu Béarn s'intéresse à l'impact en Béarn de cette "Grande Guerre" 14-18, cent ans après.