Société

Jihad en Syrie : une dizaine de Mosellans sous surveillance

Par François Pelleray, France Bleu Lorraine Nord vendredi 27 juin 2014 à 18:20

Près de cinq cents Français seraient partis combattre en Syrie. (image d'illustration)
Près de cinq cents Français seraient partis combattre en Syrie. (image d'illustration) © Maxppp

La Moselle n'échappe pas au phénomène, des individus sont partis ou ont pour projet de partir faire la guerre en Syrie. Ils sont une dizaine en tout à ce jour dans le département, dont un qui est mort là bas. Les services de l'Etat ont commencé à les surveiller de près avant d’installer officiellement en septembre un comité de veille.

Ces jeunes attirés par jihad en Syrie sont jeunes, certains ont moins de 18 ans. Le préfet de Moselle Nacer Meddah parle même d'enfants soldats. Parfois, leur femme ou compagne les suivent jusqu'au bout. Ils sont souvent crédules et vulnérables. Crédules parce qu'ils succombent aux appels les plus fous sur Internet, via Facebook par exemple, et vulnérables parce qu'ils sont, pour la plupart, en échec scolaire et en grande difficulté familiale, élevés souvent par un seul parent.

Qu'est-ce qui les poussent à se radicaliser ?

Question difficile, d'autant qu'un certain nombre d'entre eux ont des connaissances très limitées de l'Islam. Parfois, ce sont des convertis. Le préfet de Moselle voit en eux « des jeunes qui veulent simplement faire la guerre ».

Certains sont-ils revenus de Syrie ?

Oui, et ils reviennent parfois déçus, « ils ne s'attendaient pas à ce qu'ils ont découvert en Syrie, certains ont même besoin d'en parler » poursuit le préfet de Moselle. En tout cas, ils sont systématiquement débriefés, interrogés par les services de renseignement, par la police. Le phénomène est tellement nouveau que l'on connait encore mal leurs motivations. En tout cas, l'objectif est bien de les dissuader de partir.

Comment faire pour les arrêter dans cette spirale ?

Tout le monde doit se mobiliser et repérer le moindre signe de radicalisation. Que ce soient les professeurs, les assistants sociaux, les surveillants de prison (parce que le recrutement des candidats au jihad est actif derrière les barreaux), mais aussi et même en premier lieu la famille. Celle-ci doit alerter la police ou la gendarmerie. Attention, les forces de l'ordre détectent les signalements malveillants, motivés par des envies de règlements de comptes.

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