Société DOSSIER : Paris 2024

JO 2024 : le Berry attend sa part du gâteau

Par Pierre Coquelin, France Bleu Berry mercredi 13 septembre 2017 à 21:13 Mis à jour le jeudi 14 septembre 2017 à 9:09

Le Berry espère accueillir des délégations, notamment en amont des Jeux olympiques, en phase de préparation
Le Berry espère accueillir des délégations, notamment en amont des Jeux olympiques, en phase de préparation © Maxppp -

A 7 ans de l'échéance, le Berry veut déjà rêver aux Jeux olympiques de 2024 : la région met en avant ses atouts. A Châteauroux, on mise beaucoup sur les Chinois : la capitale de l'Indre espère devenir "plateforme d'entraînement". Réponse attendue courant novembre.

Avec l’officialisation de Paris comme ville hôte des Jeux olympiques de 2024, le Berry veut mettre en avant ses atouts pour participer à la fête. A seulement deux heures de train de la capitale et avec un réseau autoroutier développé, la région a une carte à jouer. "Les délégations apprécient le fait de pouvoir, à la sortie de l'aéroport, d'être assez rapidement sur le lieu d'entraînement", explique Jean-Michel Leclercq, le directeur adjoint du Creps.

Jean-Michel Leclercq (Creps de Bourges) : "Les régions proches de Paris vont vouloir se positionner"

On pense notamment au Creps (Centre de Ressources, d'Expertise et de Performance Sportives ) Centre-Val de Loire à Bourges (Cher), un site habitué à accueillir les sportifs de haut niveau. "Il offre sur un même lieu l'hébergement, la restauration, le suivi médical et des installations sportives de haut niveau", commente Jean-Michel Leclercq. Parmi les installations à noter, le vélodrome ou la piste de BMX, seule de France à avoir un départ à 8 mètres de hauteur, aux normes olympiques. A Châteauroux, on mise beaucoup sur le centre de tir national de La Martinerie. "Je pense qu'on aura un rôle plutôt en amont des Jeux. On a des installations uniques en Europe. De fait, on aura des équipes nationales qui viendront s'entraîner. Certaines viendront s'acclimater avant les JO", explique Marc Fleuret, l'adjoint aux sports. Le site de tir ne pouvait pas être dans les lieux d'épreuves car situé trop loin (à plus de 50km) du village olympique.

Opération séduction

D'ailleurs, la fédération française de tir a déjà commencé son opération séduction. Elle a lancé une invitation internationale pour un camp d'entraînement du 6 au 12 août prochains pour déjà présenter ses installations et préparer les Championnats du monde en Corée du Sud le mois suivant.

La ministre des sports Laura Flessel sur le chantier du centre national de tir de La Martinerie, fin août - Aucun(e)
La ministre des sports Laura Flessel sur le chantier du centre national de tir de La Martinerie, fin août - Compte Twitter de Laura Flessel

L'établissement berruyer quant à lui va activer très rapidement ses contacts, avec les différentes directions techniques nationales (en particulier, le badminton, la gymnastique et le cyclisme) et internationales. Mais la concurrence s'annonce féroce entre les régions situées dans un arc proche de la région parisienne. "C'est aussi un levier de développement économique", commente le directeur adjoint du Creps de Bourges. Pour les Jeux olympiques de Londres en 2012, la région Nord-Pas de Calais à l'époque s'était positionnée pour être camp de base pour des délégations. "A partir du moment où vous avez des délégations dans un établissement, ce sont des gens qui consomment, qui s'entraînent certes mais, si vous pouvez, le temps d'un après-midi leur faire visiter des sites de la région (le Palais Jacques-Coeur par exemple à Bourges), c'est aussi une promotion de la région", ajoute Jean-Michel Leclercq.

Dans le mille avec la Chine ?

Parmi les nations très attendues en Berry, la Chine. "On a signé une convention avec l'université des sports de Pekin, l'équivalent de l'Insep en France", précise Marc Fleuret. C'est dans ce cadre qu'une centaine d'étudiants chinois sont attendus en novembre prochain. Les élus castelroussins ont rencontré 8 présidents de fédérations chinois. L'idée est de transformer Châteauroux en une sorte de "plateforme avancée d'entraînement" pour les équipes chinoises pour ne pas avoir de décalage horaire notamment. La réponse définitive du ministère chinois est attendue "courant novembre". La Chine a d'ailleurs demandé de prioriser les "épreuves extrêmes" (skateboard, BMX et escalade), les sports de combat et quelques sports de ballon.

Chateauroux veut devenir la "plateforme avancée d'entraînement" des Chinois (Marc Fleuret, adjoint aux sports)

"Les pays étrangers commenceront à se préoccuper des choses dès l'an prochain. A partir de 2019-2020, des premiers contacts seront établis. Mais là, l'objectif court terme, c'est Tokyo 2020. Dès que les JO 2020 seront passés, les nations se pencheront réellement sur 2024", précise le directeur adjoint du Creps. C'est donc plus une course de fond à laquelle il faut s'attendre...