Société

Joigny : Trois familles de réfugiés syriens accueillies dans la commune

Par Clara Guilliet, France Bleu Auxerre samedi 5 septembre 2015 à 20:17

Joigny compte un peu plus de 10.000 habitants.
Joigny compte un peu plus de 10.000 habitants. © Delphine Martin - Radio France

Alors que l'ONU demande aux États de l'Union Européenne un effort pour accueillir au minimum 200.000 migrants. L'Yonne accueille déjà huit familles et cinq adultes isolés. Des familles qui tentent de s'intégrer, malgré les barrières de la langue et de la culture. Reportage à Joigny.

C'est d'abord le grand sourire de Rhaled qui frappe lorsque l'adolescent passe la porte de la salle municipale. Accompagné de son père et de son frère, il vient raconter son histoire. En français. Une langue qu'il apprend depuis le mois de février dernier seulement. La famille a quitté Kobané il y a plus de trois ans. S'est installée en Jordanie le temps d'obtenir un visa. Est arrivé en France il y a six mois en avion, accueillie par la ville de Joigny qui s'était portée volontaire auprès de l'Etat.

Rhaled est scolarisé dans le collège de la ville. Il suit un emploi du temps adapté pour s'intégrer au mieux. A 14 ans, il commence une nouvelle vie. Une vie dans laquelle la guerre n'a pas sa place.

Entre intégration et nostalgie

"On ne parle pas de la guerre et tout ça avec les copains. On parle des histoires du collège. Je n'aime pas parler de la Syrie, c'est trop dur." Rhaled, 14 ans, réfugié syrien

La commune de Joigny a été un moteur dans l'accueil des migrants sur le territoire icaunais. Elle a mis à disposition les services de l'hôpital pour que toutes les démarches puissent être effectuées rapidement et simplement, évitant aux réfugiés des allers-retours compliqués sur Dijon. Les familles sont logées dans des appartements meublés, dans les résidences sociales comme celles de sic habitat ou de coalia. Seul le bailleur social Domanys, l'un des plus importants du département a refusé, selon la municipalité, d'accueillir ces réfugiés. C'est l'Etat pourtant qui paie le loyer.

Si les familles et les associations décrivent une solidarité spontanée de la part des voisins, "avec de l'aide pour les démarches administratives, quelques trajets en voiture quand il y a besoin. Ce ne sont pas deux ou trois familles de Syriens qui s'installent. Ce sont juste des nouveaux voisins que l'on accueille comme tel ", explique Corinne Fagota, de l'association Coalia.

Pourtant dans cette commune d'à peine 10.000 habitants, classée comme l'une des 100 communes les plus pauvres de France, certains riverains grincent des dents. "C'est pas normal. On n'a pas les moyens de les accueillir. On a pas de travail ici pour nous. Qu'on aide déjà les SDF en France, les gens qui sont aussi dans la difficulté. "

Des réfugiés qui ont obtenu un statut officiel à ce jour, mais qui, juridiquement, n'ont plus le droit de retourner en Syrie tant que la situation politique n'aura pas évolué.

Des réfugiés de passage.

"Si Bachar-el-Assad s'en va, je prends mon billet d'avion ce soir. Tous, on y retourne. Nous ne sommes que de passage."