Société

Journée de solidarité : le gouvernement envisage une aide pour ceux qui s'occupent de leurs proches âgés

France Bleu Gironde lundi 9 juin 2014 à 7:15

Journée de solidarité : le gouvernement envisage une aide pour ceux qui s'occupent de leurs proches âgés

Ce lundi de Pentecôte est depuis 10 ans une journée de solidarité , une journée de travail non rémunérée pour financer la prise en charge des personnes âgées. Parmi les projets du gouvernement : le versement d'une aide allant jusqu'à 500 euros par an, pour permettre à ceux qui s'occupent d'un proche dépendant de s'absenter quelques jours.

Le gouvernement veut instaurer "une aide au répit" pour les proches de personnes âgées dépendantes - Maxppp
Le gouvernement veut instaurer "une aide au répit" pour les proches de personnes âgées dépendantes © Maxppp
Cela fait déjà dix ans qu'a été créé la journée de la solidarité. Instaurée après la canicule meurtrière de l'été 2003, cette journée de travail non rémunéré avait été intialement fixée le lundi de Pentecôte Mais au fil des ans, elle est devenue une journée organisée "à la carte". D'après une récente étude, suls 20 % à 30 % des salariés travaillent effectivement ce lundi. Elle permettra malgré tout de rapporter 2,5 millards d'euros, qui vont servir à financer une meilleure prise en charge des personnes âgées.

Pour améliorer cette prise en charge et favoriser l'autonomie des personnes âgées,  le gouvernement a présenté la semaine dernière en Conseil des Ministres le projet de loi, qi'avait préparé la bordelaise Michèle Delaunay à ce poste dans l'équipe de Jean-Marc Ayralut.

Une aide pour souffler quelques jours

Parmi les mesures proposées : la création d'une aide au répit pour les aidants, c'est à dire pour les proches des personnes âgées dépendantes. Ils sont plus de quatre millions en France. Cette aide pourra aller jusqu'à 500 euros, soit l'équivalent d'une prise en charge de sept jours dans un établissement temporaire. Et permettra aux proches de s'absenter et de partir en vacances plus sereinement.Cette aide sera la bienvenue pour Brigitte, une bordelaise de 63 ans, qui s'occupe quotidiennement de son beau-père Léon, âgé de 88 ans.

"C'est un plus, mais pour ceux qui doivent jongler avec leur travail pour s'occuper de leurs parents, ils auraient pu verser une somme plus importante."

Cette sexagénaire vient  faire les courses de Léon tous les samedis, elle l'amène à ses rendez-vous médicaux, et passe des heures à discuter avec lui. 

"C'est du temps, et du souci. On s'inquiète quand il ne va pas bien. Et puis il y a eu la période où il tombait beaucoup, il fallait venir parfois en pleine nuit pour le relever."

Avant de prendre soin de Léon, Brigitte s'est d'abord occupée de sa belle-mère, décédée en décembre dernier.

"Sur la fin, médecins et infirmières me disaient que ce n'était plus ma place d'être à leurs côtés."

Philippe Nolf est le directeur du centre d'aide à la personne ADHAP, à Bordeaux, et il juge la mesure bienvenue, même si son montant reste insuffisant.

C'est pratiquement une aide de 500 euros par mois qu'il faudrait dégager"

 

Le projet de loi sur l'autonomie des personnes âgées vise plus généralement à améliorer les aides financières permettant de rester le plus longtemps possible à domicile. La mesure phare du texte, qui va coûter 375 millions d'euros par an, est une revalorisation de l'Allocation Personnalisée à l'Autonomie (APA), qui couvre une partie des dépenses d'aide à domicile (aide-ménagère, portage de repas ...) de près de 700.000 personnes âgées. Le texte sera débattu à l'automne devant le Parlement.

"Il pourrait faire encore un peu plus pour les aidants"