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Société

Journée internationale de prévention du suicide : le dernier tabou français ?

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Par , France Bleu Isère, France Bleu

Le 10 septembre est la journée internationale de la prévention du suicide. En France, dix mille personnes, de tous âges, mettent fin à leurs jours, chaque année, mille en Auvergne Rhône Alpes. C'est deux fois plus que le nombre de morts sur les routes.

Le suicide est la première cause de mortalité chez les 25-34 ans
Le suicide est la première cause de mortalité chez les 25-34 ans © Maxppp - Claude Prigent

Vienne, France

Dan habite Vienne, en Isère. Son fils Sébastien, 24 ans, s'est jeté sous un TGV, un jour de juillet 2013. Elle n'avait rien vu venir, comme elle le dit elle-même. "À cette époque, il vivait chez nous. En partant, le matin, je lui ai dit : à ce soir. Je ne l'ai plus jamais revu..."

"La vie est trop grise. Je ne peux plus" - Sébastien, 24 ans

Le jeune homme avait laissé une lettre dans laquelle il disait son mal de vivre. "Il avait écrit : chers parents, je vous aime tant, mais la vie est trop grise. Je ne peux plus. J'y pense depuis longtemps, mais aujourd'hui je vais le faire" se souvient Dan. Ces mots de désespoir sont gravés à jamais dans sa mémoire.

Le pire pour cette infirmière aujourd'hui à la retraite, c'est de ne pas avoir été autorisée à voir son fils une dernière fois : "Je n'ai pu toucher qu'un cercueil scellé. On a retrouvé de lui qu'un bout de la chaîne qu'il portait autour du cou et des tongs."

Parler pour comprendre

Six ans après, la douleur est intacte. Elle milite depuis à l'association "À la vie", basée à Vienne et créée en 2007 par une mère qui, elle aussi, avait perdu un fils qui s'était suicidé.

Des groupes de paroles sont organisés chaque semaine avec une psychologue pour évoquer ces deuils, difficiles à accepter. "J'y ai adhéré tout de suite" souligne Dan. "Cela m'a aidée à raconter mon histoire et à dire mon chagrin que je ne voulais pas montrer dans le cercle familial pour ne pas alourdir encore plus la souffrance de mon mari et de notre fils aîné."

Le suicide, première cause de mortalité chez les 25-34 ans

Le suicide est la deuxième cause de mortalité chez les jeunes de moins de 24 ans, la première pour les 25-34 ans. Le passage à l'acte est un signe d'une grande souffrance psychique. "On ne veut pas mourir, on veut juste que cette souffrance s'arrête" explique une psychologue

L’association Phare Enfants-Parents s'occupe de la prévention du suicide chez les jeunes.

Toutes les dix minutes en France, un adolescent fait une TS. Une tentative de suicide multiplie par 60 le risque de mourir par suicide dans les cinq ans à venir. C'est pourquoi l'association Phare Enfants-Parents réclame un troisième plan national de lutte contre le suicide. 

Le suicide, un tabou français ?

Le dernier remonte au début des années 2000 et avait été efficace. L'association voudrait également que l'on fasse plus de prévention dans les collèges et les lycées. Pour la présidente, Thérèse Hannier : "Il faut lever le tabou, oser parler de ce mal qui ronge une partie de la jeunesse, mal dans sa peau dans une société matérialiste, où il est parfois difficile de donner un sens à sa vie".

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