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Dossier : Grenelle des violences conjugales

Journée mondiale contre les violences faites aux femmes : la Justice est-elle à la hauteur ?

Le 25 novembre, c'est la journée de lutte contre les violences faites aux femmes. Une thématique d'actualité en France: 94 000 femmes sont victimes de viol ou de tentative de viol chaque année d'après NousToutes. Pourtant, 70% des plaintes pour violence sexuelle seraient classées sans suite.

Le Premier ministre a annoncé, ce jeudi, de nouvelles mesures pour lutter contre les violences faites aux femmes.
Le Premier ministre a annoncé, ce jeudi, de nouvelles mesures pour lutter contre les violences faites aux femmes. © Getty - gaiamoments

Le 25 novembre, c'est la journée mondiale de lutte contre les violences faites aux femmes. Une thématique toujours d'actualité en France où 94.000 femmes sont victimes de viol ou de tentative de viol chaque année, d'après l'association féministe Nous Toutes.

La parole se libère, les femmes osent plus exprimer leurs expériences de harcèlement et d'agression... Mais sont-elles écoutées par la Justice ? Le hashtag #DoublePeine, sorti sur Twitter ces dernières semaines, suggère que les forces de l'ordre ne sont pas toujours au niveau pour prendre en charge les cas de violence.

Un manque de confiance dans les institutions

Julie (son prénom a été changé) a 15 ans. Une de ses amie a été violée par son ex-copain et elle ne l'a dit ni à la police ni à ses parents. Elle ne fait pas confiance à la Justice pour résoudre les problèmes d'agression. "En parler, c'est bien mais la chose, c'est de savoir s'il y aura des répercussions ou si ça ne sert à rien. Si la police n'agit pas, ça n'encourage pas à en parler." Elle a l'impression que la parole des victimes n'est pas prise à sa juste valeur. À chaque fois, il faut avoir des preuves. "Par exemple, si une fille se fait harceler dans la rue ou toucher, il n'y a pas de preuve concrète, à part si on filme tout... Mais sur le moment, on est tétanisé. On ne pense pas à filmer. Il faut croire les gens sur parole même si je comprends que ça peut être compliqué aussi" explique-t-elle.

D'après Nous Toutes, 70% des plaintes pour violence sexuelle sont classés sans suite en France (l'intégralité de l'enquête #PrendsMaPlainte est à retrouver ici).

Mieux former les forces de l'ordre...

C'est pour regagner cette confiance perdue que la mairie de Dijon veut former les policiers municipaux. Nathalie Koenders, la première adjointe au maire, travaille depuis quelques années sur le projet. "Il faut les sensibiliser pour qu'ils puissent avoir les paroles qu'il faut face à des victimes de violences. C'est important quand une femme fait la démarche d'aller déposer une plainte qu'elles soient bien accueillies parce qu'elles ne sont encore pas assez nombreuses à le faire."

Du côté de la police, Cédric Bovrisse, le secrétaire du syndicat Alliance 21, affirme que des efforts de formation sont fait depuis 2009, date à laquelle la brigade des mineurs est devenue la brigade de protection de la famille. Cette unité a prend en charge les cas de violences et particulièrement celles faites aux femmes et aux enfants. Mais ce ne sont pas les seuls à avoir appris à gérer ces problématiques. Une unité dédiée aux agressions et harcèlement sexuel et sexiste existe à Dijon et elle comporte des enquêteurs, des personnes à l'accueil, au dépôt de plainte et des membres de la brigade de nuit. 

... et la magistrature

Le problème, c'est que les magistrats ne sont pas forcément assez bien préparés à gérer ces situations selon Anne Joseleau, la directrice de l'association Solidarité Femme 21. Elle reconnaît que la police et la gendarmerie s'améliorent dans la prise en charge des victimes, mais si la justice ne suit pas, alors les démarches restent vaines.  

Elle explique : "Aujourd'hui, il faudrait mettre l'accent sur les professionnels de la justice, les magistrats qui n'ont pas forcément été formés à la question des violences et donc qui ne mesurent pas la réalité de l'impact de ces violences. Il faut aussi monter le niveau de compétence des avocats. Certains sont spécialisés, mais ils ne sont pas suffisamment nombreux." Selon elle, c'est un des meilleurs moyens pour commencer à améliorer le traitement réservé aux femmes victimes.

Violences conjugales - 3919 numéro d'urgence
Violences conjugales - 3919 numéro d'urgence © Radio France - Radio France

INFOS PRATIQUES

  • Si vous êtes victimes de violence ou si vous connaissez dans votre entourage des femmes qui le sont, appelez le 39 19. Ce numéro est gratuit et disponible 24h/24 et 7 jours sur 7.
  • Désormais la police de Dijon peut aussi venir récupérer les dépôts de plainte à domicile, sans que vous ayez à venir au commissariat. Il suffit de leur demander par téléphone.
  • L'association Solidarité Femme 21 a des permanences à Dijon et se déplace dans plusieurs villes de la région une fois par mois, comme à Beaune ou à Semur-en-Auxois. Toutes les informations sur leurs permanences et sur les démarches à adopter si on est victime sont sur leur site : solidaritefemmes21.fr
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