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Société

Journée mondiale du "coming out" : "J'ai annoncé que j'étais gay un soir de Noël entre la dinde et le dessert"

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Par , France Bleu Poitou, France Bleu

A l'occasion de la Journée internationale du "coming out" ce vendredi 11 octobre, des Poitevins se souviennent de ce moment où ils ont révélé à leurs proches leur homosexualité.

La Gaypride ou Marche des fiertés, le 29 juin 2019 à Paris.
La Gaypride ou Marche des fiertés, le 29 juin 2019 à Paris. © Maxppp - Bruno Levesque

Poitiers, France

"Maman, papa, j'ai quelque chose à vous dire..." Comme tous les ans depuis la fameuse marche de Washington en 1988, la journée mondiale du "coming out" a lieu le 11 octobre et est célébrée au sein des différentes communautés LGBT. Le terme est tiré de l'expression "coming out of the closet" qui signifie littéralement "sortir du placard". Des Poitevins de tous horizons témoignent de ce moment de leur vie quand ils ont annoncé à leur famille et leurs proches leur orientation sexuelle.

"Mon père m'a renié en me disant que j'avais attrapé une maladie"

"A l'époque (dans les années 1990, Ndrl), on ne pouvait pas dire qu'on était gay, c'était considéré comme une maladie mentale contagieuse. C'était tellement tabou qu'il fallait que je fasse comme les autres." Pour se glisser dans le moule, Jérôme s'est marié avec une femme, "pour faire plaisir à mes parents". 

Puis un jour, ce trentenaire qui vit à Poitiers a craqué. "J'ai tout déballé, d'abord à mon ex-femme qui l'a très mal pris, et c'est normal, puis à ma mère qui l'a très bien accepté. Avec mon père, un ancien lepéniste, un peu raciste sur les bords, ça a été plus compliqué." 

Un soir du réveillon de la Saint-Silvestre, un peu éméché, Jérôme téléphone à son père et lui annonce qu'il est gay. "Là, ça a été des insultes, tu n'es plus mon fils, je te renie, t'es un bon à rien, vas voir un psy!" A 37 ans, Jérôme ne regrette pas son coming out, "si je n'avais pas affronté tout cela, je serais aujourd'hui au cimetière." 

L'histoire se termine bien. Quatre années après son coming out, alors qu'il épouse un certain Matthieu, son père assiste à la cérémonie de mariage. "J'étais en larmes, ce jour-là, il m'a dit je t'aime. C'était la première fois que mon père me disait je t'aime et depuis ce temps-là, on s'appelle et il vient passer des vacances avec nous, il adore même mon mari !"

"Quand je l'ai dit à mes parents, ils m'ont demandé de prendre la porte"

Aujourd'hui âgé de 60 ans, Norbert a fait son coming out "en 1989, le soir de Noël, entre la dinde et le dessert! Quand mes parents m'ont demandé quand est-ce que j'aurai un enfant, je leur ai dis, j'ai beau essayé d'en faire mais ça ne marchera pas et d'ailleurs je vous présente mon ami", présent autour de la table du réveillon. 

Après cette soirée-là, Norbert a perdu de vue ses parents pendant de longues années mais il ne regrette pas ce moment de vérité. Il travaille actuellement dans une épicerie solidaire du quartier des Couronneries à Poitiers. Ancien membre de Aides et Contact, il milite désormais contre les discriminations sexuelles au sein des Sœurs de la Perpétuelle Indulgence, sous le nom de Sœur Kékette, clin d’œil aux religieuses qui faisaient la quête. "Pour vivre heureux, on ne peut pas vivre caché".

"C'est ma grand-mère, deux jours avant de mourir, qui a déclenché mon coming out"

Cogérant d'un bar à vin à Poitiers, Nicolas garde lui un bon souvenir de son coming out. "Pour moi, c'est assez original car c'est ma grand-mère, qui était en fin de vie, qui a provoqué une discussion avec moi au téléphone. Elle voulait que ça se passe bien et m'aider à libérer ma parole dans ma famille, deux jours avant qu'elle disparaisse. Et quand mes parents l'ont appris, c'est passé comme une lettre à la Poste."

"J'ai attendu qu'on soit arrêté à un feu rouge pour le dire à ma mère"

S'il n'est pas aisé de faire son "coming out", c'est peut-être encore plus difficile pour les personnes transsexuelles, "nées dans le mauvais corps". C'est à l'adolescente, en pleine puberté, qu'une jeune fille aujourd'hui nommé Benjamin (qui a changé d'état civil) réalise sa transsexualité. "En 2016, lorsque j'ai fait mon coming out j'avais 16 ans. J'étais en voiture avec ma mère, j'ai attendu que l'on soit à un feu rouge parce que j'avais peur de sa réaction. Quand elle est en colère, elle se met à rouler vite." 

"Je lui ai dis, maman, faut que je te parle, je suis trans et je pense que je veux devenir un homme."

"Elle l'a mal pris, en me disant que j'étais assez masculin comme ça, cette phrase m'a fait énormément de mal. Quand je lui ai dit que je voulais me couper les cheveux et changer de vie, elle m'a répondu que je ferai comme je voudrai mais ce sera sans elle. Elle n'acceptait pas du tout l'idée même de m'appeler par un autre prénom que celui qu'elle m'avait donné à ma naissance. Je sais que c'est compliqué pour l'entourage et les amis, mais à un moment donné, si on aime la personne, il faut l'accepter, et surtout la soutenir et l'encourager."

Des associations à l'écoute des jeunes gays et lesbiennes

Dans la Vienne, plusieurs associations luttent contre les discriminations sexuelles. Le Refuge accueille des jeunes gays et lesbiennes rejetés par leurs parents. Contact 86 encourage le dialogue entre les parents et les lesbiennes, les gays, bi et trans. Les Sœurs de la Perpétuelle Indulgence sont en croisade contre les discriminations liées au genre et l'orientation sexuelle et font également de la prévention concernant les maladies sexuellement transmissibles. 

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