Société

JOURNÉE SPÉCIALE | Esprit Charlie : que reste-t-il un mois après à Dijon ?

Par Quentin Vinet, France Bleu Bourgogne mercredi 11 février 2015 à 18:45

"Gavroche" sur les épaules de son père dans les rues de Dijon
"Gavroche" sur les épaules de son père dans les rues de Dijon © Philippe Renaud - Radio France

Entre trente et quarante mille personnes étaient dans la rue le dimanche 11 janvier dans la capitale bourguignonne. Les photos ont fait la Une des journaux, mais un mois après, que reste-t-il de cette journée ? Il devait y avoir un "avant" et un "après" Charlie. Est-ce le cas ? Les réponses à Dijon.

L'image était sur toutes les télévisions au lendemain de la marche dans les rues de Paris : celle d'un manifestant embrassant un policier. Les forces de l'ordre étaient applaudies. Mais depuis les temps ont bien changé . Un mois après, Frédéric Paillard, secrétaire du syndicat Alliance Police Nationale en Bourgogne et Franche-Comté, ne voit plus trop circuler cet esprit dans les rues de la capitale bourguignonne.

D'après lui "le rôle du policier a été mis en lumière pendant deux semaines" . Cette "léthargie" n'a duré qu'un temps à le croire. Il fait référence à ces "feux de poubelles" qui reprennent, aux "insultes" ou aux "jets de cailloux sur les forces de l'ordre quand elles passent" . Depuis un mois, l'esprit du 11 janvier s'est estompé et ces faits-là "recommencent" et à nouveau des gens se comportent "de manière brutale vis à vis des fonctionnaires de police" .

Frédéric Paillard, secrétaire du syndicat Alliance Police Nationale en Bourgogne et Franche-Comté

 

Les choses auraient pu changer également dans le quartier décrit "sensible" des Grésilles à Dijon. Ce n'est pas le cas. A en croire une association, il y a comme un clivage depuis les attentats et des habitants rencontraient auraient tendance à dire que les choses se sont empirées. "La parole se libère" explique le vendeur d'une boucherie halal. Il prend son propre cas : "dès le vendredi je me suis fait regarder méchamment, mon oncle peintre l'a ressenti" . Sa femme acquiesce tout ce qu'il dit, elle aussi a vu des "signes" envers des personnes de religion musulmane, comme une collègue "qui fait le ménage, ces patrons lui ont dit qu'elle les dégouttaient" .

Un coupe habitant le quartier des Grésilles à Dijon

Le racisme n'est pas nouveau, c'est certain, mais d'après ce couple, "ça empire" dans le quartier. Depuis les attentats ils racontent que des gens sortent du bus parfois . Que faire alors ? La réponse d'un septuagénaire est fataliste, presque gêné de dire qu'il "laisse passer" , quitte à "baisser la tête" . Car "on ne répond pas au mal par le mal" dit-il.

 

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