Société

Journée spéciale sécurité routière sur France Bleu Gard Lozère

Par Rémi Brancato, Hervé Sallafranque, Ludovic Labastrou et Jérôme Plaidi, France Bleu Gard Lozère mercredi 14 octobre 2015 à 10:53

Une affiche de la sécurité routière.
Une affiche de la sécurité routière. © Maxppp

Depuis le début de l'année, 61 personnes sont mortes sur les routes du Gard, déjà 20 de plus que pour toute l’année 2014. Face à ce bilan, France Bleu Gard Lozère consacre une journée spéciale ce jeudi 15 octobre à la sécurité routière. Au menu, des reportages, des témoignages et des débats.

Pour prendre conscience des dangers de la route, France Bleu Gard Lozère a d’abord choisi de donner la parole à une victime

Matthias Tribolet a 32 ans, il vit à Vauvert et depuis 2006 il est lourdement handicapé, après un accident de la route. Il circulait à moto, à 60 km/h et a été renversé par une personne âgée en voiture qui sortait d’un chemin interdit à la circulation.

Il a passé quatre mois dans le coma, a subi une opération au cerveau et souffre désormais de séquelles à vie : des douleurs dans les jambes et des pertes de mémoire à court terme. Il doit marcher avec une canne.

Je sais très bien comment ça va finir : une prothèse de genou et je sais que le fauteuil roulant court derrière moi.

Rémi Brancato a rencontré Matthias chez lui, à Vauvert

Matthias, devant sa maison, chez lui, à Vauvert. - Radio France
Matthias, devant sa maison, chez lui, à Vauvert. © Radio France - Rémi Brancato

Désormais, Matthias témoigne dans les lycées pour faire prendre conscience aux jeunes des dangers de la route.

Je leur raconte mon projet avant l’accident : devenir motard chez les gendarmes. J’ai réussi le concours mais mon rêve restera un rêve que je pourrai jamais exaucer.

Matthias témoigne dans les lycées.

Opérations de prévention

Ce type d'opération de prévention, les autorités les multiplient. Depuis le mercredi 7 octobre, les Nîmois peuvent découvrir notamment une exposition temporaire sur les grilles de la préfecture rue Feuchères, près de la gare.

Des affiches de film détournées pour la sécurité sur les routes. - Radio France
Des affiches de film détournées pour la sécurité sur les routes. © Radio France - Rémi Brancato

Le principe : des affiches de films détournées. Au lieu de "Fast and furious", "Ni fast ni furious", par exemple. Une façon d’attirer l’attention.

Le message de prévention ne marque pas tous les esprits

Les policiers de Nîmes ont choisi, eux, une opération un peu particulière. La semaine dernière, une dizaine de contrevenants au code de la route a pu profiter d’une alternative à la peine

Au lieu de payer une amende et de se voir retirer des points, ils sont venus au commissariat pour un stage de prévention. Claire a téléphoné au volant. Elle échappe à 90 euros d’amende.

Je n’avais pas du tout envie de payer et d’avoir des points en moins. J’y repenserai à deux fois avant de décrocher mon téléphone.

Rémi Brancato a assisté au stage de prévention

La réponse pénale face à la délinquance routière

Le préfet du Gard Didier Martin et les représentants des forces de l'ordre - Radio France
Le préfet du Gard Didier Martin et les représentants des forces de l'ordre © Radio France - Rémi Brancato

Malgré cette prévention, l’insécurité sur les routs reste de mise et souvent, la justice est mise en cause. Certaines associations de victimes reprochent un manque de sévérité face aux chauffards.

"On ne peut pas accuser la justice de manque de sévérité." (Laure Beccuau, procureure de la république de Nîmes)

Laure Beccuau, procureure de la République de Nîmes avec Hervé Sallafranque

Le tribunal correctionnel de Nîmes traite d’ailleurs régulièrement des affaires d'accidents mortels causés par des conducteurs ivres. Ce sont des audiences très compliquées avec une atmosphère très pesante explique Jean-Pierre Bandiéra, le président de la chambre correctionnelle du Tribunal de Grande Instance de Nîmes.

On est souvent confronté à une consommation pathologique

Jean-Pierre Bandiéra avec Hervé Sallafranque

Une fois constaté l'accident mortel, c'est le maire de la commune et un gendarme qui doivent  annoncer la nouvelle aux familles. Un devoir dont on se passerait bien.

Stéphane Lacroix, le "patron" des gendarmes du Gard

Annoncer les morts et les blessés graves aux famille, la tâche la plus délicate dévolue aux gendarmes. Le témoignage du colonel Stéphane Lacroix le patron des gendarmes du Gard avec Ludovic Labastrou.

Le colonel Stéphane Lacroix

Robert Gansert et Gérard Volf - Radio France
Robert Gansert et Gérard Volf © Radio France - Ludovic Labastrou

Un accident a frappé les esprits en février 2000 : quatre-vingts cyclistes font une ballade sur le chemin des Canaux à Vauvert. Vingt-et-un se font renverser par un chauffard de 20 ans qui roulait 150 km/h à la sortie d'un virage. 

Bilan : quatre morts, 17 blessés dont Robert Gansert, victime d'une fracture du bassin et dont la jambe droite est en miettes. Il a subi quatre opérations et deux années de soins). Il n'a rien oublié et n'a pas vraiment pardonné à l'auteur.

Robert Gansert qui a survécu à l'accident de Vauvert

Parmis les quatre morts,  deux cyclistes dont les épouses étaient absentes lors de l'accident car elles étaient enceinte. Gérard Volf, a échappé au drame et avait tenté de porter les premiers secours. Il est interrogé par Ludovic Labastrou.

Gérard Volf prèsent à Vauvert en 2000

Le commissaire Emmanuel Dumas, chef du service de sécurité et de proximité au commissariat de Nîmes est l'officier du ministère public au tribunal de police de Nîmes. Le tribunal de police examine notamment les litiges avec les automobilistes non délictuels. Il était l'invité de la rédaction ce jeudi sur France Bleu Gard Lozère.

Commissaire Emmanuel Dumas

Thierry Pallier, est le coordinateur de la Sécurité Routière  à la  Préfecture du Gard. Face aux mauvais chiffres 2015 de la sécurité routière dans le département, il était l'invité de la rédaction ce jeudi sur France Bleu Gard Lozère.

Thierry Pallier