Société

Jura : des résidents transférés de l'Ehpad de Foucherans faute de soignants

Par Naïs Esteves, France Bleu Besançon jeudi 18 mai 2017 à 16:06 Mis à jour le jeudi 18 mai 2017 à 17:00

Treize salariés de l'Ehpad des Opalines de Foucherans (Jura) sont en grève depuis le 3 avril 2017.
Treize salariés de l'Ehpad des Opalines de Foucherans (Jura) sont en grève depuis le 3 avril 2017. © Radio France - Olivia Chandioux

Septième semaine de grève pour le personnel de l'Ehpad Les Opalines de Foucherans (Jura). Après 45 jours de mobilisation, des résidents ont été transféré dans d'autres établissements "pour assurer les soins", explique la direction.

Une partie du personnel des Opalines, l'Ehpad de Foucherans, près de Dole dans le Jura, est en grève depuis sept semaines. Face au manque de moyens humains pour prendre en charge les 75 résidents, des résidents doivent être transférés dans d'autres établissements du département "notamment Arbois et Salins-les-Bains", selon la direction. "Quatre pensionnaires" ont déjà quitté les lieux jeudi 18 mai selon le personnel gréviste. D'autres doivent quitter les lieux vendredi 19, soit un total de "12 résidents" confirmé par la direction, 14 selon un syndicat. "L’ARS Bourgogne-Franche-Comté veille à ce que la qualité des prises en charge soit garantie à tout moment", explique l'Agence régionale de santé.

La grève continue pour une partie des salariés de l'Ehpad les Opalines de Foucherans dans le Jura. - Radio France
La grève continue pour une partie des salariés de l'Ehpad les Opalines de Foucherans dans le Jura. © Radio France

Répondre à l'urgence

"Avec la grève, le personnel n'est pas assez nombreux", explique la direction des Opalines de Foucherans. "On ne peut plus répondre aux besoins en faisant venir des aides-soignants Marseille et de toute la France, comme ça a été le cas jusqu'à maintenant". Alors, l'ARS a trouvé des places "provisoires" pour certains pensionnaires : "Ils gardent leurs chambres", rassure la direction. Pour les syndicats et les grévistes, ces transferts se font dans l'urgence, "sans concertation des familles". "On ne leur demande pas leur avis, ils sont d'ailleurs avec nous sur le piquet de grève", annonce une aide médico-psychologique. "Les familles ont été convoquées de manière impérieuse, sans avoir le choix", conclut un représentant syndical. pour l'ARS, "ce transfert résulte d’une décision de l’établissement qui doit être prise en accord avec les résidents et leurs familles".

Des recrutements en cours

Le personnel des Opalines avait débuté la grève le 3 avril 2017 pour demander notamment l'embauche de quatre personnes. "Deux aides-soignants sont en cours de recrutement", explique la direction. L'annonce est d'ailleurs sur le site de la maison de retraite depuis une semaine. "Deux autres sont aussi prévus". "Sur les recrutement, c'est bon", annonce une gréviste. Mais elle et ses collègues se battent toujours pour une revalorisation du travail le dimanche : "une augmentation de 27,95 euros par dimanche travaillé pour porter la prime à 50 euros, calcule une salarié. Ils (la direction) le cèdent pas sur ça et préfèrent déplacer des résidents qui vont être perdus au lieu d'accepter cette augmentation".