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L'abattage à la ferme bientôt possible dans l'Hérault

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Par , France Bleu Hérault, France Bleu

Plusieurs départements du sud de la France, dont l'Hérault, se lancent dans l'abattage à la ferme. Une expérimentation soutenue par la confédération paysanne en partenariat l'abattoir public de Pézenas, et l'INRAE. 10% des 300 professionnels héraultais se disent prêts franchir le pas.

Illustration : vache à la ferme
Illustration : vache à la ferme © Maxppp - Jean-Luc Flémal

Qui n'a pas encore en mémoire ces vidéos accablantes d'animaux maltraités dans des abattoirs avant d'être abattus ? Que l'on soit consommateur de viande ou pas, personne ne peut rester insensible. Encore moins les éleveurs. Pour le bien-être de leurs bêtes, une trentaine de professionnels héraultais lancent au printemps prochain une expérimentation : l'abattage à la ferme. L'idée est de créer une unité mobile d'abattage en partenariat avec l'abattoir public de Pézenas et l'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (INRAE).

"Voir l'animal que l'on a vu naître et que l'on a élevé partir à l'abattoir est un déchirement pour nombre d'éleveurs."

Cette idée a été lancée à Apt dans le Vaucluse en 2019, au cours d'un colloque d'éleveurs venus de toute la France. L'abattage à la ferme était jusqu'à peu interdit. Il devait impérativement être effectué dans une structure agréée. Mais une disposition de la loi agriculture et alimentation (EGalim) a ouvert la voie en avril 2019 à l’expérimentation de l’abattage mobile.

Depuis, l'expérimentation a déjà été lancée en Loire-Atlantique et en Côte-d'Or. Dans le sud de la France, des projets similaires sont en cours d'élaboration dans l'Aude, l'Ariège et l'Aveyron. L'abattage à la ferme n'a jamais été réalisé dans le département de l'Hérault, sauf pour des animaux classés dangereux.

''Lâcher nos bêtes dans une bouverie, cela nous pose question''

Les partisans invoquent le bien-être animal et la qualité de la viande ainsi produite

Dans l'Hérault, seuls 10% des 300 éleveurs se lancent dans cette initiative. "Les autres ne sont pas forcément réticents, mais attendent de voir ce que nous sommes en mesure de proposer" explique Émilie Dequiedt, la porte-parole de la confédération paysanne. Cette éleveuse d'Avène (200 brebis) défend ardemment ce projet. 

"Le consommateur avait sans doute oublié que pour manger un animal, il fallait le tuer et on avait oublié qu'il fallait le mettre à mort."

Un caisson d'abattage sera dans un premier temps installé à la ferme avant l'achat d'un véhicule motorisé. Cet équipement permet notamment d’assurer des abattages chez l'éleveur dans des zones difficilement accessibles par les camions (zones montagneuses et escarpées notamment). 

Ensuite, début 2022, les porteurs de ce projet investiront alors d'un véhicule aménagé plus coûteux dont les prix varient du simple au double. 300.000 euros pour le moins onéreux. Un million d'euros pour l'autre.

Selon le choix du véhicule, il est possible d'abattre plusieurs animaux en même temps. Plusieurs bouchers peuvent aussi travailler au même moment pour la découpe et la mise en carcasse. L'abattoir public de Pézenas est partie prenante en mettant à disposition son personnel.

Pour les éleveurs, l'objectif "est d'aller jusqu'au bout des choses" explique  Bruno Girard, jeune, éleveur d'une centaine de chèvres, à Murviel-lès-Montpellier.  

On partage la vie de nos bêtes. C'est important qu'on les accompagne jusqu'au bout. C'est tellement plus simple de le faire à la ferme. Elles seraient moins stressées.

"Il s'agit d'éviter aux animaux les souffrances liées à de longs et stressants transports, mais aussi l'univers anxiogène des abattoirs, autant de facteurs qui détériorent la qualité de la viande."

L'Institut national de recherche pour l'agriculture, l'alimentation et l'environnement (INRAE) accompagne  les éleveurs dans ce projet, non seulement sur les aspects techniques et sur la recherche de financements.  

"L'abattage à la ferme est un profond changement pour les éleveurs et notre société" explique Sébastien Mouret, sociologue et chargé de recherche à l'INRAE. "C'est une autre manière de penser ce rapport à la mort que l'on a avec les animaux."

''Les abattoirs n'offrent plus les conditions respectueuses de prise en charge de leurs animaux''

Les éleveurs héraultais espèrent compter sur des fonds régionaux et européens pour mener à bien cette expérimentation. Il n'est pas exclu de lancer un financement participatif d'afin d'investir dans un camion d'abattage. D'ici-là, il faudra déterminer la rentabilité d'un tel investissement, sonder le nombre d'éleveurs potentiellement intéressés et franchir des barrières administratives.

Pour l'abattoir public de Pézenas, c'est aussi un nouveau challenge et de nouvelles contraintes pour réintroduire ensuite et assurer la traçabilité d'une viande dont l'animal n'aura pas été abattu dans son établissement.

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