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L'Académie française ne s'oppose plus à la féminisation des noms de métiers

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Par , France Bleu

L'Académie française a adopté jeudi à "une large majorité" un rapport sur la féminisation des noms de métiers soulignant qu'il n'existait "aucun obstacle de principe" à la féminisation de ces dénominations. Une petite révolution.

La coupole de l'Académie française à Paris, le 20 mars 2018
La coupole de l'Académie française à Paris, le 20 mars 2018 © AFP - Ludovic MARIN / POOL

Professeure, recteure, sapeuse-pompière, auteure, ingénieure ou encore procureure vont pouvoir faire entrer dans le dictionnaire. Longtemps réticente, l'Académie française a adopté jeudi à "une large majorité" un rapport sur la féminisation des noms de métiers rédigé par une commission présidée par Gabriel de Broglie, 87 ans, et composée de la romancière et essayiste Danièle Sallenave, du poète d'origine britannique Michael Edwards et de l'écrivaine Dominique Bona.

"Une évolution naturelle de la langue"

La "féminisation" des noms de métiers et de professions "relève d'une évolution naturelle de la langue, constamment observée depuis le Moyen Âge", précise le texte adopté par les académiciens. Nombre de pays francophones comme la Belgique, la Suisse ou la province canadienne du Québec l'ont en effet adoptée depuis une quarantaine d'années.

Concrètement, l'institution fondée au XVIIe siècle par Richelieu ne prévoit pas de "dresser une liste exhaustive des noms de métiers et de leur féminisation inscrite dans l'usage ou souhaitable" ni d'"édicter des règles de féminisation des noms de métiers" mais plutôt "de laisser aux pratiques qui assurent la vitalité de la langue le soin de trancher"

Une prise de position inédite. En 2014 encore, l'Académie française dénonçait dans une déclaration solennelle "un esprit de système qui tend à imposer, parfois contre le vœu des intéressées, des formes telles que professeure, recteure, sapeuse-pompière, auteure, ingénieure, procureure (...) qui sont contraires aux règles ordinaires de dérivation et constituent de véritables barbarismes".

Dans son livre "Le ministre est enceinte" publié l'an dernier et consacré à "la grande querelle" de la féminisation des noms, le linguiste Bernard Cerquiglini rappelait une phrase prononcée en 1997 par Maurice Druon, alors secrétaire perpétuel de l'Académie française : "Libre à nos amies québécoises, qui n'en sont pas à une naïveté près en ce domaine, de vouloir se dire +une auteure+, +une professeure+ ou +une écrivaine+; on ne voit pas que ces vocables aient une grande chance d'acclimatation en France et dans le monde francophone".  "Nul puriste n'est prophète en son pays", commentait alors Bernard Cerquiglini, rappelle l'AFP.

"Pas une menace pour la structure de la langue"

"L'emploi de ces formes en +-eure+, qui fait débat, et cristallise certaines oppositions au mouvement naturel de la féminisation de la langue, ne constitue pas une menace pour la structure de la langue ni un enjeu véritable du point de vue de l'euphonie, à condition toutefois que le +e+ muet final ne soit pas prononcé", affirme  aujourd’hui l'Académie qui accepte également "auteure", "autrice" et "écrivaine".

"Pour certains métiers, c'est simple : on n'a jamais eu d'interrogation avec actrice ou directrice", expliquait l'académicien Frédéric Vitoux, président de la Commission d'enrichissement de la langue française dans une tribune publiée mercredi par La Croix. "Pour d'autres, ajoutait-il, il y a des difficultés objectives, parce que la racine des noms ne s'y prête pas ou parce que cela crée de la confusion. Par exemple, comment dire médecin au féminin sans créer de confusion sémantique avec la discipline ? Faudrait-il dire une médecin, une femme médecin, une praticienne ? Il y a mille solutions, mais il faut choisir".

Si la féminisation est en marche à l'Académie française, l'écriture inclusive reste bannie des textes officiels. Le Conseil d'Etat a rejeté ce jeudi des recours demandant l'annulation d'une circulaire du Premier ministre proscrivant ce langage épicène dans les communications ministérielles. La plus haute juridiction administrative a considéré que le Groupement d'information et de soutien sur les questions sexuées et sexuelles, association intervenant sur les questions de genre, n'était pas fondé à demander l'annulation pour "excès de pouvoir" de la circulaire attaquée.

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