Société

L'aéroport de Toulouse officiellement en cogestion avec les Chinois

Par Stéphanie Mora, France Bleu Toulouse vendredi 17 avril 2015 à 14:40

L'aéroport de Toulouse-Blagnac (archives 2014).
L'aéroport de Toulouse-Blagnac (archives 2014). © Maxppp - Xavier de Fenoyl

Le Journal officiel a publié ce vendredi matin l'arrêté qui marque la vente par l'état de 49,9 % de ses parts dans la société qui gère le 4e aéroport de France hors Paris.

Les parts sont cédées à la société Casil Europe (entité française de Symbiose), un consortium essentiellement composé d'investisseurs chinois, pour 308 millions d'euros. Comme c’était prévu. L'arrêté confirme aussi une option de vente sur les parts restantes. L'État pourrait vendre les 10 % qui lui restent dans la société de gestion de l'aéroport mais pas avant trois ans.

"C’est une nouvelle page de l’histoire de notre aéroport qui s’ouvre." — Jean-Michel Vernhes, président du directoire de l’aéroport.

Le président du directoire d'ATB (aéroport Toulouse-Blagnac), Jean-Michel Vernhes, rencontrait les salariés ce vendredi matin. Une nouvelle organisation dans la façon de diriger l’aéroport devrait voir le jour dans les prochaines semaines.

Symbiose siègera désormais au Conseil de Surveillance de l’entreprise gestionnaire de l’aéroport, aux côtés de ses actionnaires historiques qui conservent la majorité du capital : outre l’État, la Chambre de commerce et d’industrie de Toulouse avec 25 %, le Conseil régional Midi-Pyrénées, le Conseil départemental de la Haute-Garonne et la Communauté urbaine Toulouse Métropole avec chacun 5 %.

Quasi triplement du trafic aérien à Toulouse

Avec cette vente de parts, se confirment aussi les projets du groupe Symbiose : une hausse du trafic aérien. Le plan de croissance voulu par les Chinois fixe un objectif de 18 millions de passagers d'ici 2046 . C'est-à-dire plus du double du nombre de passagers actuels. Les riverains sont vivement opposés à cette perspective. Ils craignent une augmentation des nuisances et le collectif d’opposants a déjà manifesté par deux fois cette année contre la privatisation. Des procédures sont également en cours devant la justice : devant le Conseil d’État et devant le tribunal administratif pour faire annuler la vente. Chantal Beer Demander, la porte-parole du collectif, dénonce un déni de démocratie de la part du gouvernement.

Chantal Beer Demander : "Le gouvernement s'assoit sur l'avis des riverains [...]"

L'arrivée des Chinois va créer des emplois, espère Philippe Cabanié, délégué syndical UNSA à l'aéroport.

Philippe Cabanié : "Ce sera bénéfique pour la région et le personnel"

Les réactions

Les élus EELV du Conseil régional et de la métropole toulousaine :

"Cette privatisation est inacceptable. Le pacte secret d’actionnaire donne tous les pouvoirs au gestionnaire choisi par le gouvernement. Arrêtons de croire en une hypothétique minorité de blocage des pouvoirs publics !". Il s'agit d'une privatisation déguisée selon Antoine Maurice, président du groupe Europe Ecologie les Verts au conseil municipal de Toulouse.

Antoine Maurice : "Ce que nous redoutons c'est qu'il y ait un pacte secret d'actionnaires"

Georges Méric, président du conseil départemental de Haute-Garonne :

"Nous prenons acte de cette décision en rappelant que le Conseil départemental est et restera opposé à la privatisation de l'aéroport de Toulouse-Blagnac. Il convient maintenant d'assurer le maintien de la majorité publique dans le capital de la société d'exploitation [...]. Nous demandons avec force au gouvernement d'entendre cette légitime demande et de nous apporter toutes les garanties sur ce point."

Jean-Luc Moudenc maire UMP de Toulouse et président de Toulouse-Métropole :  

"Je prends acte de la décision prise par le gouvernement, seul, de vendre et de choisir l'acquéreur qui devient nouvel actionnaire. L’union scellée entre les quatre collectivités, dépassant les clivages politiques, a déjà porté ses fruits. Ainsi, nous avons obtenu le maintien des droits d’usage foncier d’Airbus, qui ne figuraient pas dans le cahier des charges initial de la vente, ainsi que le maintien d'une présence actionnariale de l'Etat à hauteur de 10,01%, ce qui fait perdurer une majorité publique dans la société d'exploitation d'ATB."

Pour d'autres, il faut maintenant aller de l'avant. C'est l'avis d'Alain Di Crescenzo, le président de la chambre de commerce et d'industrie.

Alain Di Crescenzo : "Je ferai en sorte de faire respecter les engagements qui ont été pris"

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L'arrêté publié au Journal officiel