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Société

"L'affaire Vincent Lambert doit permettre d'ouvrir le débat sur la fin de vie"

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Par , France Bleu Périgord

Dominique Attingré, présidente de l'Association pour le Droit de Mourir dans la Dignité de Dordogne était l'invité du matin de France Bleu Périgord ce lundi à 7h50. Vincent Lambert, 42 ans, est depuis plus de dix ans dans un état végétatif au CHU de Reims. Les médecins vont interrompre les soins.

L'association pour le droit de mourir dans la dignité fournit des formulaires de directives anticipées.
L'association pour le droit de mourir dans la dignité fournit des formulaires de directives anticipées. © Radio France - Aurélie Lagain

Dordogne, France

Vincent Lambert est dans un état végétatif depuis plus de dix ans au centre hospitalier de Reims, après un accident de moto. C'est une sonde reliée à son estomac qui le nourrit et le maintient en vie. La famille se divise depuis des années autour de Vincent. Les parents, croyants, souhaitent qu'il soit maintenu en vie. Ils ont épuisé tous les recours juridiques. Le conseil d'Etat et la Cour européenne des Droits de l'Homme ont validé l'arrêt des soins décidé par le médecin. Cet arrêt des soins qui consiste à mettre fin à l'alimentation et l'hydratation de Vincent Lambert doit intervenir dans la semaine. Peut-être dès ce lundi. Il sera sédaté à l'aide de morphine et doit mourir par défaillance des organes au bout de quatre jours à une semaine.  

"C'est le résultat d'une loi inadaptée"

Invitée du matin, ce lundi sur France Bleu Périgord, Dominique Attingré, présidente de l'ADMD de Dordogne, l'association pour le droit à mourir dans la dignité déclare : " Ce n'est pas vraiment une victoire. On est obligé de constater que le décès de Vincent Lambert va se passer dans des conditions extrêmement difficiles. D'abord parce que la famille se déchire, parce que la loi Léonetti-Claès ne répond pas à la question de "Qui décide" ?" On va arrêter les traitements, on va arrêter les machines qui le maintiennent en vie. Et _il va finir par mourir, de faim, de soif, de fatigue_. C'est une agonie qui va se prolonger. Et la famille continue de se déchirer parce que la loi ne répond pas à la question de savoir qui décide. Les médecins décident d'un côté. La famille décide de l'autre et ça fait onze ans de procédure".

"C'est le problème des directives anticipées"

Le problème, c'est que Vincent Lambert n'avait pas rédigé ses directives anticipées. A l'heure actuelle, elle sont consultatives, et nous bous demandons, qu'elles soient opposables. Vous avez des exemplaires sur www.admd.net, vous nommez trois personnes qui sont les portes voix si vous ne pouvez pas vous exprimer. Vous y écrivez que vous ne souhaitez pas d'acharnement. Mais à l'heure actuelle ce sont les médecins qui décident selon leur déontologie. Aurait il fallu euthanasier Vincent Lambert : "Non car il ne l'a pas écrit"

"Emmanuel Macron a dit il y a 3 ans, lors de sa campagne, qu'il souhaitait que pour lui-même il puisse prendre sa décision en fonction de ce qu'il souhaite, je demande qu'il parle au nom de tous les français et j'interpelle tous les parlementaires pour qu'ils demandent que la loi sur la fin de vie soit discutée. Qu'est-ce qui bloque ? : "Les lobbies religieux, pharmaceutiques. C'est aux personnes de décider et il faut que leur décision soit respectée. _Le lobby pharmaceutique : un lit de fin de vie ça rapporte. Les produits coûtent très chères. Ils rapportent beaucoup avec les traitements. Il faut le dénoncer_. Les politiques sont sensibles à ça. c'est à Sainte Clotilde, paroisse à côté de l'Assemblée nationale que les parlementaires vont chercher leurs directives".