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Société

L'ancien séminaire de Lille accueille une cinquantaine de réfugiés

lundi 17 septembre 2018 à 3:05 Par Cécile Bidault, France Bleu Nord

L'ancien séminaire de Lille héberge désormais une cinquantaine de réfugiés. Les prêtres en formation ont déménagé à la fin du mois d'août 2018, et le diocèse a été sollicité par la préfecture du Nord, pour mettre les locaux à disposition.

Une famille du Kurdistan irakien mise à l'abri dans l'ancien séminaire de Lille
Une famille du Kurdistan irakien mise à l'abri dans l'ancien séminaire de Lille © Radio France - Cécile Bidault

Lille, France

La bâtisse de briques rouges est immense. C'est là, dans le quartier Saint-Maurice-Pellevoisin de Lille, qu'étaient formés les prêtres. Ils occupaient une partie de ce bâtiment. Le séminaire a déménagé à la fin du mois d'août 2018. La préfecture du Nord, qui a besoin de locaux pour des hébergements d'urgence de personnes réfugiées, a demandé au diocèse de Lille de mettre les lieux à disposition.

Le séminaire occupait le troisième étage de la Maison Paul VI - Radio France
Le séminaire occupait le troisième étage de la Maison Paul VI © Radio France - Cécile Bidault

Avec sa vingtaine de chambres, le troisième étage, qui était occupé par six séminaristes et leurs prêtres formateurs, est désormais plein de vie : 56 personnes, dont de nombreuses familles, venues d'Irak.

Rahaf, 10 ans, nous emmène dans la chambre qu'elle occupe avec sa mère et son frère depuis quinze jours : "il y a trois lits, des toilettes, et une douche".

Rahaf, sa mère et son frère, sont hébergés depuis deux semaines. Ils ont fui l'Irak, et ont dû quitter la Norvège après trois années. - Radio France
Rahaf, sa mère et son frère, sont hébergés depuis deux semaines. Ils ont fui l'Irak, et ont dû quitter la Norvège après trois années. © Radio France - Cécile Bidault

De l'Irak à la Norvège, de la Norvège à la France

La famille de Rahaf, musulmane, a vécu en Norvège pendant plus de trois ans. A l'issue de l'examen de son dossier de demande d'asile, elle a reçu un avis négatif. Il a fallu partir, encore. Gaida et ses deux enfants se sont retrouvés en Bretagne, à Lorient, où elle raconte que, faute d'hébergement, elle dormait dans la gare

On lui a alors conseillé de venir à Lille, et aujourd'hui elle bénéficie d'une mise à l'abri, dans l'ancien séminaire, et d'un accompagnement par l'association Coallia, mandatée par la préfecture. Elle peut enfin trouver un peu de repos : "Tous les gens ici m'ont aidée, ils nous ont donné à manger, ils nous ont prêté cette chambre, très propre. Je rêve d'un bel avenir pour mes enfants". Elle espère maintenant que son mari pourra les rejoindre à Lille. Il est pour l'instant coincé en Allemagne, à cause des accords de Dublin, qui prévoit qu'un migrant soit renvoyé dans le pays par lequel il est entré en Europe.

Demande d'asile

Gaida compte déposer une demande d'asile en France, ce qui n'est pas le cas de la majorité des Irakiens hébergés ici, qui sont pour la plupart passés par le littoral, Grande Synthe, Calais, et qui rêvent toujours d'Angleterre.

La petite Rahaf, elle, voit déjà sa vie en France : "Je veux aller à l'école et apprendre le Français. Je sais déjà parler un petit peu !". Et l'enfant de passer de l'anglais au français, pour nous dire "bonjour, ça va bien ? Je m'appelle Rahaf".

Mise à l'abri à la demande de la préfecture du Nord

Pour mettre à l'abri ces personnes, la préfecture du Nord a besoin de lieux, en attendant de les orienter. Elle a donc demandé au diocèse de Lille de mettre à disposition l'ancien séminaire. Il n'y a eu aucune hésitation pour Bruno Cazin, le vicaire général du diocèse : "Aujourd'hui dans le diocèse, on voit beaucoup de Chrétiens s'investir dans l'accueil des migrants. Il y a une très forte sensibilité aux Chrétiens du Proche-Orient, mais pas seulement. Quelle que soit la nationalité, quelle que soit la confession, l'accueil est inconditionnel".

Bruno Cazin, vicaire général du diocèse de Lille - Radio France
Bruno Cazin, vicaire général du diocèse de Lille © Radio France - Cécile Bidault

Cette étape à l'ancien séminaire est temporaire. Les lieux sont mis à disposition jusqu'à la mi-octobre, car des travaux sont programmés ensuite.

A ECOUTER Reportage à l'ancien séminaire de Lille

Accompagnement dans la durée

L'Eglise s'investit dans l'accompagnement pérenne de ces personnes migrantes. La Fondation Treille Espérance, fondée en 2016, à l'initiative, notamment, de l'Archevêché, accompagne des associations et des familles qui accueillent environ 250 réfugiés d'Irak et de Syrie, dans le Nord-Pas-de-Calais. "C'est de l'accueil de familles par des familles", explique le délégué général de la fondation, François-Joseph Furry, "c'est émouvant de voir que les gens se sont mobilisés".

La fondation finance notamment des cours de Français, en complément de ceux proposés par l'OFPRA (Office français de protection des réfugiés et apatrides), pour permettre à ces réfugiés "d'avoir le niveau requis pour avoir une activité professionnelle. Cela permet à ces familles de maîtriser la langue. On a aujourd'hui une forte intégration professionnelle, preuve que cela fonctionne. Il y a beaucoup de courage du côté de ces familles, qui recréent leur vie à partir de zéro".

François-Joseph Furry, délégué général de la fondation Treille Espérance