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L'architecte Périgourdine Anne Lacaton reçoit le Prix Pritzker :"On démolit encore beaucoup trop en France"

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Par , France Bleu Périgord

Anne Lacaton et Philippe Vassal viennent de recevoir le prix Pritzker, la plus haute distinction en architecture. Anne Lacaton est originaire de Dordogne, du Périgord Vert. Elle était l'invité de France Bleu Périgord ce vendredi 26 mars.

Anne Lacaton est originaire du Périgord Vert.
Anne Lacaton est originaire du Périgord Vert. © Maxppp - Darek SZUSTER

Un duo d'architectes français vient d'être récompensé par le prix Pritzker, la plus haute distinction en architecture. Jean-Philippe Vassal et Anne Lacaton sont distingués parque "leur travail répond aux urgences climatiques et écologiques de notre temps autant qu'à ses urgences sociales, en particulier dans le domaine du logement urbain, redonne de la vigueur aux espoirs et aux rêves modernistes d'amélioration de la vie au plus grand nombre". Anne Lacaton était l'invité de France Bleu Périgord ce vendredi 26 mars.

  • Vous aviez reçu le Grand Prix national d'architecture en 2008, aujourd'hui vous recevez la récompense ultime en architecture le prix Pritzker, c'est une sorte de consécration ? 

Ecoutez, c'est une belle surprise quand on apprend qu'on va recevoir ce prix parce que c'est un prix international décerné par une fondation qui est basée à Chicago et avec un jury très indépendant, assez peu connu. Donc, c'est vrai que c'est très important et c'est un prix qui récompense un travail de très long terme qu'on a pu accomplir aussi avec toute une équipe et aussi avec des maîtres d'ouvrage éclairés qui nous ont fait confiance. Ce n'est pas un travail que l'on peut faire tout seul.  

  • Ce prix a été attribué avant vous à deux autres architectes français, dont Jean Nouvel qui a grandi à Sarlat en Périgord. Vous avez grandi en Périgord Vert à la campagne. Est ce que cela vous a inspiré pour votre travail?

Forcément. Bien sûr, tout inspire. On le sait pas tout de suite. Peut être quand on est enfant. Mais j'ai eu la chance de trouver des milieux éducatifs très, très présents et avec des professeurs qui m'ont donné le goût d'apprendre le goût d'étudier. Ça a été très important. Ça m'a encouragé dans ce parcours. Et puis aussi de voir aussi comment à la campagne, encore plus à cette époque, les gens étaient très attentifs à leur environnement à économiser les ressources. Et aujourd'hui, c'est sans doute quelque chose qui m'est profondément resté dans la mémoire et dans l'attitude.  

  • Votre travail, c'est toujours partir de l'existant. Vous et Jean-Philippe Vassal, vous considérez qu'il vaut mieux transformer que démolir et reconstruire ? 

Oui, c'est vrai, parce qu'on démolit beaucoup trop en France et ailleurs d'ailleurs, notamment tout ce patrimoine bâti moderne des années 60 70, principalement des logements. On démolit beaucoup trop, alors que si l'on regarde avec attention et avec conservation, c'est toujours beaucoup plus intéressant de partir de l'existant, de faire attention à ce qui est là et de faire l'analyse de ce qui manque puis ce qu'il faut améliorer et de transformer pour lui donner une nouvelle vie. Donc, tous les bâtiments peuvent avoir plusieurs vies, donc il faut faire très attention à cela. C'est aussi une question d'écologie, de précision et d'économie.  

  • Vous arrivez toujours à transformer ce qu'on vous propose, par exemple?

Oui, c'est toujours possible. Alors ce ne sont jamais les mêmes méthodes. Il faut commencer par observer et analyser avec beaucoup de précision et définir sans jamais donner des recettes ou des formules générales. Il faut le faire au cas par cas. Mais je pense que ce qui est très important, c'est de toujours porter un regard positif et bienveillant sur ce que l'on a déjà. Parce que c'est une richesse énorme. Mais il ne faut surtout pas considérer que parce que c'est plus ancien ou que cela a déjà vécu que cela ne vaut plus rien. Donc, c'est un principe absolument fondamental pour nous, et malheureusement, on démolit encore beaucoup trop en France.  

  • Votre credo, c'est plus d'espace et c'est l'agrandissement des pièces, et ça résonne notamment en ce moment avec les confinement et la pandémie.  

Oui, c'est quelque chose aussi important dans notre travail que de toujours s'attacher à donner de la générosité à l'espace du quotidien, à dépasser les standards pour donner une plus grande liberté à l'habitant, à l'usager, tout en intégrant aussi une relation d'échange avec le climat, la nature principalement. Les logements ne sont pas toujours agréables. D'une manière générale, ils sont trop petits, trop fermés. Il n'y a pas d'espaces extérieurs. Alors c'est important de construire des logements beaucoup plus généreux.  

  • Comment on fait pour transformer un immeuble? Pour essayer de donner plus d'espace aux habitants ?

Il faut créer des planchers qui viennent s'ajouter à ce qui est déjà là. Il faut donner un peu plus d'ouverture et de transparence pour amener de la lumière naturelle, créer des balcons et jardins d'hiver qui permettent d'agrandir le logement et de trouver une relation beaucoup plus saine avec la nature. C'est ce qu'on a fait à Bordeaux, notamment à la Cité du Grand Parc, sur 530 logements qu'on a transformé en site. C'est à dire que les habitants n'ont pas déménagé pendant les travaux et donc c'est un chantier qu'on a fait avec Litani, le bailleur social, et avec nos amis architectes.  

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