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L’Armée française se prépare à avoir des soldats "augmentés"

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Par , France Bleu

Florence Parly, la ministre des Armées a validé le principe du "soldat augmenté", des combattants dont les capacités physiques ou cognitives sont augmentées grâce aux technologies. Elles vont notamment permettre de préparer les forces françaises aux risques terroristes et géopolitiques de demain.

A quoi ressembleront nos futurs soldats à l’horizon 2030-2060 ?
A quoi ressembleront nos futurs soldats à l’horizon 2030-2060 ? © AFP - Natalia Seliverstova / Sputnik

Lors de son discours début décembre à l’occasion du Digital Forum innovation défense, Florence Parly a été claire : "Nous disons oui à l’armure d’Iron Man et non à l’augmentation et à la mutation génétique de Spiderman". Mais alors à quoi ressembleront nos futurs soldats à l’horizon 2030-2060 ?

Le concept de soldat augmenté existe déjà depuis longtemps. Par exemple, le soldat qui utilise des jumelles pour lire les mouvements des troupes distantes est "augmenté", comme celui qui veut stimuler ses capacités cognitives en absorbant un médicament, ou le militaire équipé d’un exosquelette. Mais aujourd’hui, "c’est la barrière corporelle de l’homme qui pourrait être franchie pour accroître ses capacités physiques, cognitives ou psychologiques" explique la ministre des Armées. 

Electrodes dans le cerveau, opérations des yeux

"Quand on parle de soldat augmenté, on parle d’un soldat dont les capacités physiques, perceptives et cognitives sont stimulées pour renforcer son efficacité opérationnelle" précise Florence Parly.  

On peut imaginer des implants dans la peau, de minuscules électrodes implantées dans le cerveau, des exosquelettes qui permettent de porter des charges plus lourdes, des opérations des yeux pour améliorer la vision et s’affranchir de jumelles de jour…  Dans un rapport, l’IFRI, l’institut Français des Relations Internationales détaille d’autres innovations possibles comme l’impression 3D qui pourrait permettre de réaliser des prothèses ou encore de reconstruire la peau de militaires brûlés au combat. Une expérience est menée à Lyon entre le CHU et la DGA, la direction générale de l’armement.  

Grâce à la pharmacologie, l’esprit des militaires peut être augmenté pour qu’ils assimilent mieux les problèmes auxquels ils sont confrontés. 

Des auteurs de science-fiction en renfort

Même si l’avenir est de plus en plus complexe et incertain, il faut envisager tout cela dans les règles et ne pas aller trop loin. Ce sera justement le rôle du comité d’éthique de la défense qui a été créé fin 2019. Il a été chargé d'apporter des éclairages sur les questions éthiques soulevées par toutes ces innovations scientifiques, techniques et leurs éventuelles applications militaires. Il est composé de dix-huit membres ayant des compétences dans les domaines opérationnels, scientifiques, médicaux, philosophiques, historiques et juridiques.

Début décembre, les membres ont donné leur feu vert à la recherche du soldat augmenté, pour développer ces innovations militaires en y apportant tout de même quelques recommandations. Si ce comité d’éthique a validé le principe de nouvelles techniques pour améliorer les performances physiques ou cognitives du corps humain, la ministre des Armées reste prudente : "Toutes ces évolutions dites invasives ne sont pas à l’agenda des armées françaises" précise Florence Parly, même s’il "nous faut être lucide, tout le monde n’a pas nos scrupules et c’est un futur auquel il nous faut nous préparer" prévient la ministre. 

Outre-Atlantique, l’US Army envisage par exemple d’intégrer des implants dans le cerveau pour interagir avec les objets numériques proches de soi notamment des drones ou des robots. Une étude a été lancée.

Pour Florence Parly, "Plutôt que d'implanter une puce sous la peau, nous chercherons à l'intégrer à un uniforme". Les "augmentations" plus invasives devront nécessairement recueillir le consentement des soldats. Et, dans tous les cas, ces augmentations devront être réversibles et ne pas compromettre la santé ou la sécurité des militaires.

Une "red team" a été mise en place pour préparer les conflits du futur
Une "red team" a été mise en place pour préparer les conflits du futur - Ministère des Armées

Une "red team" pour préparer les conflits du futur et aider les Armées à mettre en place toutes ces évolutions a été mise en place avec des auteurs de science-fiction. Ils étaient 600 membres du monde culturel, scientifique et universitaire à avoir postulé.  Dix ont été retenus pour participer à cette équipe. 

Pour Emmanuel Chiva, directeur de l’AID, l’Agence de l’innovation de défense, "nous sommes prisonniers de notre mental quotidien. Pour percer le mur de l'imaginaire, il faut faire appel à des personnes qui pensent en dehors du cadre : les auteurs de science-fiction sont de ceux-là". 

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