Société

L'ARS refuse la fusion de trois pharmacies dans l'ouest creusois

Par Adrien Bossard, France Bleu Creuse mardi 27 décembre 2016 à 19:32

La pharmacie de Mourioux-Vieilleville devrait rester en place.
La pharmacie de Mourioux-Vieilleville devrait rester en place. © Radio France - Adrien Bossard

Il n'y aura donc pas de regroupement entre les officines de Grand-Bourg et Mourioux-Vieilleville avec celle de Bénévent. L'Agence Régionale de Santé met son veto. Déception pour les porteurs du projet, soulagement pour les clients.

Les officines de Grand-Bourg et de Mourioux-Vielleville, regroupées à Bénévent, c'est non. L'Agence Régionale de Santé s'oppose à ce projet, portés par les trois pharmaciens. Selon Vincent Cailliet, directeur de cabinet pour l'ARS en Nouvelle-Aquitaine, c'est "contraire aux réglementations du code de santé publique. Cela obligerait certains habitants à faire entre 5 et 20 kilomètres pour avoir accès aux médicaments."

Une décision saluée par le maire de Grand-Bourg, Michel Navarre. "Notre population était très inquiète, car c'est une population vieillissante et nous n'avons pas, ici, de transports comme dans l'agglomération de Guéret."

Départ du médecin à Mourioux-Vieilleville

Dans la commune voisine de Mourioux-Vieilleville, le discours est un peu différent. Non pas que Jacqueline Dedet soit pour cette fusion, bien au contraire. Mais la maire s'estime lésée par tout cette histoire. "Quand elle a eu vent de ce projet de pharmacies regroupées, notre médecin a décidé de partir, car elle ne voyait pas comment rester sans pharmacie à côté. Moi, je suis en colère, car maintenant, tout le monde est perdant. J'avais fait l'effort, il y a deux ans, de recruter un médecin pour sauver la pharmacie. On a cassé quelque chose qui fonctionnait." Elle dit ne plus avoir la force de se lancer dans pareille aventure, trouver un médecin est "éreintant", Jacqueline Dedet s'est beaucoup investie. "J'ai tout fait pour que ma médecin roumaine reste. Tout pour qu'elle se sente bien ici, bien intégrée. Je ne refais plus ça."

Le cabinet médical de Mourioux-Vieilleville va fermer. - Radio France
Le cabinet médical de Mourioux-Vieilleville va fermer. © Radio France - Adrien Bossard

Un recours possible

Ce que regrettent aussi les élus, c'est de ne pas avoir consultés par les pharmaciens dans leur projet de fusion. "Nous l'avons appris par la rumeur. Et derrière, il n'y avait pas de dialogue", assure Michel Navarre.

Les médecins concernés, eux, ne souhaitent pas s'exprimer sur le sujet, lassés de ce toute cette histoire et vexés de voir leur projet retoqué. Un projet pourtant viable estime le président du syndicat des pharmaciens de la Creuse. "Il y a une trop grande densité de pharmacies dans le département, et beaucoup d'entre elles sont dans le dur, explique Nicolas Verguet. Ces regroupements, c'est l'avenir. Il faut se faire une raison."

Les pharmaciens concernés ont deux mois pour faire un recours auprès de l'ARS, du Ministère de la Santé ou du tribunal administratif, mais ils disent ne plus en avoir l'envie.

Le reportage d'Adrien Bossard.