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Société

L’association Homogène organise la lutte contre l’homophobie et la transphobie

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Par , France Bleu Maine, France Bleu

La journée internationale de lutte contre l’homophobie et la transphobie, ce vendredi, intervient quelques jours après la publication d’un rapport alarmant de l’Ifop sur ces discriminations. En Sarthe, l’association Homogène milite pour rendre visible les personnes LGBT.

Tous les mercredis soir, l'association LGBT Homogène organise des rencontres conviviales dans son local de la Place des Contes du Maine.
Tous les mercredis soir, l'association LGBT Homogène organise des rencontres conviviales dans son local de la Place des Contes du Maine. © Radio France - Clémentine Sabrié

Le Mans, France

Regards de travers, insultes, coups. Plus de la moitié des personnes LGBT (lesbienne, gay, bisexuelle, transgenre, entre autres) déclarent avoir été agressées au cours de leur vie. C’est ce qu’a révélé une enquête Ifop pour la fondation Jasmin Roy-Sophie Desmarais, publiée lundi 13 mai. 

Le nombre de victimes a augmenté de 2% en un an, d’après la même enquête. Le chiffre le plus inquiétant concerne les actes de violences physiques, en hausse de cinq points. En 2018, 7% des personnes LGBT ont annoncé avoir été victimes de telles agressions. En tout, 22% en ont été l’objet au cours de leur vie.

Les agressions lesbophobes en hausse de 42 % entre 2017 et 2018

C’est le cas d’Anaëlle, 19 ans, en service civique à l’association Homogène, au Mans. En première, un groupe d’élèves l’attend à la sortie du lycée. La jeune fille qui dirige la bande d’agresseurs la passe à tabac. « J’avais une déchirure pratiquement totale du mollet », se rappelle la jeune femme aux cheveux courts. Elle présente aussi des « bleus au visage et trois côtes fragilisées ».

Sur le moment, Anaëlle ne comprend pas pourquoi l’autre lycéenne s’en prend à elle. Ce n’est qu’une fois de retour au lycée, quelques jours plus tard, qu’une amie lui explique : "Elle t’a vu avec ta copine cet après-midi, ça l’a énervé. C’est pour ça qu’ils t’attendaient tous à la sortie du lycée." Les agressions lesbophobes (faites aux lesbiennes à cause de leur orientation sexuelle) ont augmenté de 42 % en un an, selon le rapport annuel de SOS Homophobie.

Sept personnes LGBT sur dix ont recours à des "stratégies d’invisibilité"

Pour éviter les réflexions et les mauvais regards dans l’espace public, Anaëlle et sa copine optent parfois pour une « stratégie d’invisibilité », comme près de 70 % des personnes LGBT. Elles évitent de se tenir trop près l’une de l’autre, de s’enlacer, ou de s’embrasser.

Quelques fois on peut ressentir une petite gêne quand on est dans un espace fermé. Là il y a peut-être un peu plus une gêne pour se tenir la main par exemple.

Si elles peuvent s’avérer salvatrices, ces stratagèmes empêchent les personnes LGBT d’être visibles. Cela veut dire moins de représentations LGBT dans la société. Sans ces modèles, l’identification est difficile pour les plus jeunes concernés. 

La Culture Pride rend visibles les minorités sexuelles

Pour lutter contre ce phénomène, l’association Homogène organise une Culture Pride au Mans et dans la Sarthe. Elle organise des ciné-débats autours de films abordant des thématiques liées aux sexualités et aux genres. Vendredi 17 mai, le groupe militant projette Ce long chemin jusqu’à moi, un film documentaire présentant la transition d’une personne, d’homme à femme. La protagoniste, Camille, et la réalisatrice, Laetitia Tomassi, seront présentes pour la projection et le débat.

Par ailleurs, Homogène a programmé des séances scolaires du film Coming out, de Denis Parrot, à Mamers, à La Ferté-Bernard et au Royal, au Mans. L’association intervient dans les collèges et les lycées pour sensibiliser à la lutte contre les discriminations des minorités sexuelles dès le plus jeune âge.

Les discriminations découlent de l’ignorance

Quand on lui demande d’expliquer l’homophobie et la transphobie, Florian Poupon, le vice-président d’Homogène, est très clair : "Cela vient de l’ignorance." Le président, Michel Mayet, détaille : "Pour certains, l’homosexualité est un danger. Un danger pour leur sentiment de sécurité, parce que la proximité avec un homosexuel risque de les ébranler dans la conviction de leur hétérosexualité."