Société

L'association musulmane de Genlis veut rassurer les habitants

Par Victoria Koussa, France Bleu Bourgogne lundi 16 janvier 2017 à 0:29 Mis à jour le lundi 16 janvier 2017 à 0:36

La réunion publique dimanche soir avec le secrétaire, le président et le trésorier de l'ASCM.
La réunion publique dimanche soir avec le secrétaire, le président et le trésorier de l'ASCM. © Radio France - Victoria Koussa

Des têtes de porc ont été retrouvées il y a deux jours devant les locaux de l'ASCM. Pour autant, elle a souhaité maintenir la réunion publique dimanche soir pour parler des futurs lieux culturel et cultuel.

Opération séduction. L'Association socio-culturelle musulmane de Genlis, en Côte-d'Or, a souhaité rassurer les habitants sur le visage de son futur lieu de culte et de culture rue de Dijon, inauguré fin 2017 / début 2018. Encore plus depuis vendredi et l'intimidation violente dont les adhérents ont été victimes en découvrant des têtes de porc accrochées aux grilles devant leur local.

Déconstruire les clichés

Sur les réseaux sociaux, les rumeurs vont bon train sur plusieurs points, notamment le financement et un possible minaret (un élément architectural qui porte généralement le croissant, symbole de la religion musulmane) construit sur leur future mosquée (ici, une salle de prière) visible depuis la nationale.

"Nous n'allons pas construire de minaret, même si nous avons le droit de le faire", répond le président de l'ASCM Yassine Boudebza à une habitante qui a pris le micro.

"Et comment vous allez financer vos locaux et le personnel ?", questionne une deuxième. "Nous sommes une association privée, nous avons donc des fonds privés, dont tous viennent de France. Je vous rassure, personne du Qatar ou de l'Arabie saoudite ne vient financer l'islam à Genlis (rires)", répond du tac-au-tac le président.

Au programme cultuel et culturel

Le lieu de culte sera une salle de prière "où tout le monde pourra venir, même si bien-sûr, elle concerne surtout les musulmans", précise Yassine Boudebza. C'est d'ailleurs lui qui validera en amont tous les prêches de l'Imam qui s'exprimera en arabe et en français. "Mon meilleur ami ici, c'est Jean-Louis", sourit-il en désignant un prêtre au fond de la salle. Le président de l'association l'affirme, son but premier est de créer un lien indéfectible entre les religions à Genlis, "comme lors de la messe en mémoire du Père Hammel, en juillet dernier" à laquelle la communauté musulmane a assisté.

Et pour la culture maintenant, l'apprentissage de la langue arabe est au programme. "Ah, vous allez me dire que tout le monde pourra y aller ?", interroge une voisine. "Honnêtement, nos adhérents seront prioritaires", avoue le président. Et quid des cours de soutien scolaire aux collégiens promis par l'association dans ses futurs locaux ? "On engagera des personnes qualifiées, mais loin de nous l'idée de rivaliser avec l'Education nationale, on veut juste répondre à une demande sur Genlis", explique-t-il.

La stigmatisation présente chez quelques uns

Malgré toutes ces propositions, beaucoup de questions posées témoignent des tensions propres à la société française depuis les attaques terroristes. "Vous savez, tout de suite, nous on se rappelle que l'islam est lié avec les attentats, que des musulmans ont tué des Français", s'insurge un homme, debout. "Ce que vous oubliez Monsieur, c'est que nous aussi, nous sommes Français", conclut Yassine Boudebza.