Société

L'écrivain Gérard de Villiers, auteur des SAS, est mort

Par Pierrick de Morel, France Bleu vendredi 1 novembre 2013 à 11:27 Mis à jour le vendredi 1 novembre 2013 à 11:58

Gérard de Villiers aura écrit 200 SAS.
Gérard de Villiers aura écrit 200 SAS. © Maxppp - Sophie Louvet

Après 200 épisodes de sa célèbre série SAS, le père de l'agent autrichien Malko Linge est décédé jeudi à l'âge de 83 ans, des suites d'une longue maladie.

Il n'y aura pas de 201e épisode de la série SAS : le sulfureux Gérard de Villiers, qui a donné naissance à l'agent Malko Linge il y a près de 50 ans, est décédé jeudi des suites d'une longue maladie, à 83 ans.

L'information, révélée par LCI, a été confirmée vendredi matin par l'avocat de l'écrivain. Sa santé était fragilisée, surtout depuis 2010 et un AVC qui lui a fait perdre le contrôle de sa Jaguar le soir du réveillon de Noël.

Journaliste, puis écrivain

Né en 1929, Gérard de Villiers était le fils de Valentine Adam de Villiers, héritère d'une noblesse d'épée sans fortune, et d'un "père inconnu" à l'état civil. Après des études à Sciences Po, le jeune homme débute une carrière de journaliste dans l'hebdomadaire d'extrême droite Rivarol

Dans les années 50, Gérard de Villiers prend ensuite la plume pour France-Dimanche et commence à faire le tour du monde pour ses reportages. C'est l'époque des rencontres : journalistes, reporters, policiers, militaires et hommes du renseignements... Le futur écrivain multiplie les contacts.

Ses voyages vont nourrir la série qui va le rendre célèbre : SAS, qui relate les aventures de l'agent secret Malko Linge. Connues pous leurs couvertures kitschs, les aventures de l'espion autrichien se sont écoulées à plus de 100 millions d'exemplaires depuis le lancement de la série, en 1965.

Le succès de SAS ne se dément pas depuis 1965. - Aucun(e)
Le succès de SAS ne se dément pas depuis 1965. - heartbeaz

Des histoires tellement bien informées que certains prêtent à l'écrivain une carrière au sein de la DGSE. "Villiers était au service Action [la partie opérationnelle des services secrets] , confiait au Monde Michel Roussin, ancien préfet et ministre chiraquien. Je me souviens que c'est le colonel Gaigneron de Marolles (...) qui l'avait présenté à Marenches *[ n dlr : l'homme à la tête de le SDECE, ex-DGSE, entre 1977 et 1981]. Le SDECE utilisait SAS pour faire de la désinformation, c'était la mode à l'époque. Par lui, on faisait passer des messages* ." 

En janvier dernier, Gérard de Villiers avait d'ailleurs les honneurs du New York Times qui lui attribuait une pleine page en le qualifiant "d'espion qui en savait trop " (lien en anglais).

Malko Linge au cinéma ?

L'été dernier, Le Monde a consacré un long portrait à cet homme dont on décrouvrait mes rêves de cinéma. "Vous savez que Ian Fleming (ndlr : le père de James Bond) n'a connu le succès cinématographique que post mortem ? ", déclarait-il à l'époque.

Après deux tentatives ratées d'adaptation par le cinéma français, l'avenir apportera peut-être une carrière cinématographique à Malko Linge. Gérard de Villiers ne sera alors pas là pour en profiter.