Société

L’Église demande pardon pour son "silence coupable" face aux abus sexuels

Par France Bleu, France Bleu lundi 7 novembre 2016 à 12:49

Une "journée de prière et de pénitence" pour les victimes d'abus sexuels est organisée par l'Eglise de France.
Une "journée de prière et de pénitence" pour les victimes d'abus sexuels est organisée par l'Eglise de France. © Maxppp - JP Amet

Les évêques de France sont réunis ce lundi à Lourdes. Ils demandent pardon pour leur "silence coupable" face aux abus sexuels dans l’Eglise catholique, après ces derniers mois marqués par des scandales.

Cette journée de "prière et de pénitence" avait été annoncé en septembre dernier par le Vatican, à l'initiative du pape François. Les 115 évêques en activité présents à Lourdes profitent de leur grande assemblée annuelle d'automne pour vivre cette initiative collective inédite, marquée également par un jeûne. Outre ces prières, une messe sera dite en fin de matinée à Lourdes pour ces victimes d'abus sexuels. L'homélie sera prononcée par Mgr Luc Crepy, responsable de la nouvelle Commission permanente de lutte contre la pédophilie (CPLP) de l'épiscopat.

Une journée particulière en France : l'Eglise est frappée depuis plusieurs mois par des révélations en chaîne d'affaires de pédophilie ou d'abus sexuels impliquant des prêtres.

L’Eglise de France particulièrement concernée

L'emblématique affaire du père Bernard Preynat, prêtre lyonnais, soupçonné d'avoir abusé de près de 70 jeunes scouts, a fortement terni l'image du cardinal Philippe Barbarin. L'enquête pour non-dénonciation visant le primat des Gaules a toutefois été classée sans suite.

Le choc s'est propagé dans tous les diocèses de France. D’autres cas ont été signalés ou ont resurgi à Paris, Montauban, Toulouse, Clermont-Ferrand, Orléans, Bayonne, en Guyane...

Des moyens renforcés

La Conférence des évêques de France (CEF) a annoncé mi-avril une série de mesures, dont une boîte mail dédiée au recueil de la parole des victimes. La Cellule permanente de lutte contre la pédophilie (CPLP), a vu ses moyens renforcés depuis le printemps dernier.

"Cette cellule d’écoute est joignable directement auprès d’un évêché ou sur le site mis en place par la conférence des évêques de France", rappelle Mgr Dominique Blanchet, invité de France Bleu Belfort-Montbelliard. La CEF a d'ailleurs expliqué avoir reçu "entre 80 et 100" courriels de victimes ou témoins. La plupart au sujet d'abus sexuels antérieurs à 1970 et attribués à des prêtres décédés.

L'association La Parole libérée, à l'origine de l'affaire lyonnaise, reste perplexe. "Le temps de prière de lundi, les cellules d'écoute sont potentiellement une bonne chose, mais s'il n'y pas de volonté de l'Eglise derrière, c'est insuffisant", estime son président, François Devaux.