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Société

L'émotion est toujours vive à Nolay après l'expulsion d'une famille de Kosovars

jeudi 19 juillet 2018 à 18:26 Par Philippe Renaud, France Bleu Bourgogne

L'émotion est vive à Nolay (Côte-d'Or) où vivaient depuis un an, Agim, Blerta et leurs deux enfants Olti et Olta, un garçon de quatre ans et un bébé de 20 mois. Cette famille Kosovare, bien intégrée, mais en situation irrégulière, vient d'être expulsée de France cette semaine.

Quelques membres du collectif de soutien à cette famille expulsée
Quelques membres du collectif de soutien à cette famille expulsée © Radio France - Thomas Nougaillon

Nolay, France

La vidéo montre Agim le papa kosovar, le soir de la victoire des Bleus au Mondial, sauter de joie, partager avec tous l'ivresse de la victoire. Ce n'est qu'une vidéo, un instant de vie, mais la veille pour la fête nationale, Agim, dans un français précaire, avait pris le micro pour remercier la commune de Nolay , le collectif et les habitants qui l'ont aidé à se sentir "pour la première fois de sa vie chez lui, intégré". La fête aura été de courte durée.  Quelques jours plus tard, c'est au téléphone et depuis une chambre d’hôtel à Pristina, la capitale du Kosovo, qu'Agim a donné de ses nouvelles aux personnes qui l'avaient aidé.

Agim, Blerta, et leurs enfants - Aucun(e)
Agim, Blerta, et leurs enfants - .

Nous ne reviendrons pas dans cet article sur la législation, le droit, les arguments, décisions de justice multiples, mis en avant par la préfecture de Côte-d'Or lors de l'expulsion de cette famille, ni sur les conditions de l'expulsion parfois ressenties par certains comme inhumaines, mais nous tenterons également de pas sombrer non plus dans l'angélisme, le phénomène migratoire est suffisamment complexe pour ne pas le caricaturer. Complexe, donc, de faire la part des choses dans ce genre de situation. Il y a la loi qui s'impose évidemment à tous, une politique globale, et puis il y a des hommes, des histoires, des vies qui se croisent.

Dans cet article, nous donnerons donc la parole a ceux qui ont vécu pendant un an avec Agim, Blerta, Olti et Olta : une histoire de fraternité.

Julienne , cette femme de 85 ans dévastée par l'expulsion  - Radio France
Julienne , cette femme de 85 ans dévastée par l'expulsion © Radio France - Thomas Nougaillon

A Nolay, nous avons rencontré Julienne, 85 ans, Elle était la première voisine de cette famille qui vivait dans la même cour qu'elle : 

"On a vécu dans la cour avec les petits, et on nous les a volés, vous entendez , volés, je ne connais pas leur vie ( avant d'arriver en France) mais je n'admets pas qu'on vole des enfants."

Témoignage du cœur, la voix étranglée, excessif sans aucun doute, mais qui montre combien cette famille s'était intégrée. 

C'est ici que vivait la famille expulsée - Radio France
C'est ici que vivait la famille expulsée © Radio France - Thomas Nougaillon

Cette autre habitante de la commune confirme : ils sont arrivés avec leur sourire, leur gentillesse, toujours prêts à rendre service. Blerta offrait des gâteaux à tout le monde pour remercier. Et puis il y avait Olti le garçon de quatre ans, scolarisé en maternelle. Sa maîtresse, évoque un enfant qui commençait à parler le français. Elle se dit encore sous le choc : 

"On ne comprend pas ce qui s'est passé, certes ils n'avaient pas de papier, mais ils ne vivaient pas comme des clandestins, il ne se cachaient pas."

Et pour cause, Agim allait pointer tous les deux jours à la gendarmerie, il était assigné à résidence, en attendant une nouvelle décision de justice concernant son épouse, inutile, car non suspensive de l'obligation de quitter le territoire. Le 16 juillet 2018, un an, presque jour pour jour, après être arrivés à Nolay, la vie de ces Kosovars a de nouveau basculé. Incompréhensible selon le maire de la commune.

Jérôme Flache, le maire PS de Nolay

. - Radio France
. © Radio France - Thomas Nougaillon