Société

L'entretien des tombes, un métier à part entière

Par Alexandre Blanc, France Bleu Loire Océan vendredi 30 octobre 2015 à 10:13

Profession : nettoyeur de tombes
Profession : nettoyeur de tombes © Radio France - Alexandre Blanc

Ceux qui ne peuvent pas se rendre au cimetière ont une solution pour honorer la mémoire de leurs proches défunts : l'entretien des sépultures à distance. Des professionnels se sont positionnés sur le créneau.

À la Toussaint, il y a ceux qui vont fleurir les tombes de leurs proches, et il y a ceux qui ne pourront pas s'y rendre : les personnes âgées qui ne peuvent plus se déplacer, les actifs qui ont déménagé, les allergiques au cimetière... Jocelyne fait partie de la troisième catégorie. "Les cimetières ne sont pas très gais, ils nous font revenir en arrière", explique Jocelyne. Son père, décédé voilà deux ans, est enterré avec sa mère à Courbevoie, à 400 km de son domicile de Sion-les-Mines en Loire-Atlantique. "Je n'y suis pas retourné. Je ne me sens pas trop le courage mais ça m'ennuyait beaucoup", confie Jocelyne. L'an passé, elle a fait appel à En sa mémoire, une entreprise spécialisée dans l'entretien de sépultures. Moyennant 27 euros par mois, un agent d'entretien se rend quatre fois par an sur la tombe de ses parents pour la nettoyer, la fleurir et veiller à son bon état.

Profession : nettoyeur de tombes

"Les pompes funèbres ou les marbriers proposent déjà ce service, mais ce n'est pas leur coeur de métier. Des fleuristes aussi, mais ils n'opèrent pas partout". Yann Lepage a donc fondé En sa mémoire en 2008. Avec sa camionnette, son seau, ses balais et ses raclettes, il sillonne d'abord les cimetières de Provence-Alpes-Côte-d'Azur. Aujourd'hui, En sa mémoire compte 6 salariés en CDI à temps plein et intervient dans la quasi-totalité de l'Hexagone. Les clients sont des particuliers ou des associations caritatives qui entretiennent la dernière demeure de leurs légateurs.

Profession : nettoyeur de tombes

Yann Lepage passe sa vie dans les cimetières. "Ça reste un parc souvent bien vert, bien fleuri", nuance le nettoyeur de tombes. "Pour qui aime travailler dehors dans un endroit plutôt tranquille, c'est certainement le plus beau métier du monde". À la fin de chaque intervention, l'agent d'entretien funéraire adresse trois photos de la tombe nettoyée à ses clients. "On a des familles qui nous envoie des petits mots tous les mois, après chaque passage, depuis cinq ans. Ça donne du sens à notre boulot", se félicite le patron de cette PME florissante.

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