Société

L'Etat français doit-il intervenir dans la question de la formation des imams?

Par Aurélie Locquet, France Bleu Alsace lundi 2 mars 2015 à 11:28

Najat Vallaud-Belkacem et Manuel Valls, le 22 janvier 2015.
Najat Vallaud-Belkacem et Manuel Valls, le 22 janvier 2015. © Capture d'écran FTV Info

Manuel Valls est attendu à Strasbourg ce mardi. Une visite sur le thème de la formation des imams. Le Premier ministre se rend à la grande mosquée de Strasbourg et à l'université. Vous réagissez...

Retrouvez l'interview en intégralité de Pascal Maillard, membre du conseil d'administration de l'université de Strasbourg, et représentant du SNESUP FSU en Alsace

Retrouvez l'interview en intégralité de Murat Ercan, vice président du CRCM et président de la faculté de théologique islamique de Strasbourg

C'est avec ses ministres de l'éducation Najat Vallaud-Belkacem et de l'intérieur Bernard Cazeneuve que Manuel Valls est attendu ce mardi à Strasbourg. La visite commencerait à la grande mosquée, avant un déplacement à l'université.

La formation des imams de France serait donc au coeur de ces rendez-vous. Un rapport interministériel sur la question a été remis il y a peu par l'Alsacien Francis Messner, le responsable du master d'islamologie à l'université de Strasbourg. Il y a deux ans, un projet de LABEX, laboratoire d'excellence, avait failli voir le jour mais les élus du conseil scientifique l'avaient fait capoter au nom de la défense de la laïcité. "Ce n'est en aucun cas le rôle de l'université de former des cadres religieux comme le prévoyait cet institut de l'islam" , martèle Pascal Maillard, membre du conseil d'administration de l'université de Strasbourg, et représentant du SNESUP FSU en Alsace. "Il y a un risque de braquer les musulmans, car on n'impose rien aux autres religions, et puis ce serait une entorse au principe de neutralité de l'Etat. En revanche, on peut proposer des formations à la laïcité au sein des universités, des formations qui seraient ouvertes à tous."

Plusieurs projets dans les cartons à Strasbourg

De son côté, le président de la grande mosquée de Strasbourg annonçait mi février sur France Bleu Alsace qu'un centre de formation des imams devrait voir le jour en Alsace avant la fin de l'année, en collaboration avec le Maroc.

Une faculté de théologie islamique avait ouvert ses portes en 2011 à Strasbourg, toujours pour former des imams, cette fois avec la Turquie. Mais le projet avait rapidement capoté parce que le diplôme n'était pas reconnu en France, et que le ministère turque refusait de nommer des imams si leur diplôme n'était par reconnu dans le pays où ils avaient reçu leur formation. Ce projet aussi a été relancé. Le président de l'établissement, Murat Ercan attend un coup de pouce de la part du Premier ministre. "L'actualité nous presse, l'Etat peut intervenir pour faciliter certaines choses. Jusqu'à présent la communauté musulmane n'a pas été assez mature pour s'organiser et répondre à ses besoins, elle n'a pas non plus les ressources nécessaires pour les financer, et l'aide de pays étrangers est donc sollicitée. Certains imams ne parlent pas français, ne connaissent pas les problèmes rencontrés par les musulmans en France, c'est un frein à l'insertion de l'islam."

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