Société

L'État pourrait baisser ses subventions aux associations de consommateurs en 2018, en Côte-d'Or certaines sont inquiètes

Par Thomas Nougaillon, France Bleu Bourgogne lundi 13 novembre 2017 à 17:25

L'État envisage une baisse de 40% des subventions aux associations de consommateurs
L'État envisage une baisse de 40% des subventions aux associations de consommateurs - ©Fotolia

L'État projette une baisse de 40% de ses crédits destinés à aider les associations de consommateurs. Dans notre région la CLCV 21, l'AFOC 21, l'UFC Que Choisir ou encore le Centre Technique Régional de la Consommation de Bourgogne pourraient être impactés.

Dans son projet de loi de finances pour 2018, l'État, entend diminuer de 40% les crédits alloués à l'Institut national de la consommation (INC). Le problème c'est que cet établissement public contribue à financer les associations de défense des consommateurs bien connues comme UFC-Que choisir ou encore Familles de France... C'est la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de Répression des Fraudes (DGCCRF) qui l'a annoncé fin octobre. Une baisse de crédits qui inquiète d'autant qu'elle fait suite aux baisses des années précédentes... Dans les 5 dernières années certaines assos ont déjà déploré 20 à 25% d'argent public en moins.

Première journée à la foire de Chalon sur Saône Josette Pernot bénévole (à gauche) et Colette Sautière (à droite) présidente du CTRC de Bourgogne - Aucun(e)
Première journée à la foire de Chalon sur Saône Josette Pernot bénévole (à gauche) et Colette Sautière (à droite) présidente du CTRC de Bourgogne - DR

Certaines associations vont devoir licencier leurs salariés

Dans notre région le Centre Technique Régional de la Consommation de Bourgogne bénéficie de ces crédits d’état… 52 000 euros en 2016 qui ont servi notamment à former les bénévoles des associations de consommateurs, à leur apporter une assistance technique ou bien à mener des actions très concrètes sur le terrain. La Présidente du CTRC de Bourgogne, Colette Sautière indique « nous ne pouvons imaginer ce que les 40 % de baisse annoncée signifie sur l’emploi. Nous avons une juriste qui travaille au sein de notre association et nous menons des activités au plus proche du public. Devra-t-on sacrifier tout ce travail ? ». Le CTRC de Bourgogne est présent sur les foires, les salons de la région ou encore au « Grand Déj’ » de Dijon. Colette Sautière va également à la rencontre des étudiants de l’université de Bourgogne ou auprès des jeunes de l’école de la deuxième chance. « On apporte du soutien aux jeunes, on explique ce qu’est la consommation, comment éviter les problèmes de surendettement, c’est tellement important » Des missions que le CTRC de Bourgogne ne pourra plus mener à bien.

Yves Dupoyet Président de l’AFC de Côte d’Or et Colette Sautière Présidente du CTRC de Bourgogne avec des consommateurs.  - Aucun(e)
Yves Dupoyet Président de l’AFC de Côte d’Or et Colette Sautière Présidente du CTRC de Bourgogne avec des consommateurs. - DR

Un nouveau coup de rabot qui inquiète

Avec sa douzaine de bénévoles, l'AFOC 21, l'Association Force Ouvrière des Consommateurs et des Locataires de Côte-d'Or traite une quarantaine de dossiers chaque année et répond à 400 coups de fil, e-mels de consommateurs. L'AFOC 21 a perçu l'an passé 1 000 euros de la part de l'Etat. Cela représente 40% de son budget global. Ce nouveau coup de rabot inquiète son président Alain Poirier. "Ce qui vont malheureusement en souffrir, ce sont tous les consommateurs, qui n'ont pas les moyens d'avoir des juristes à leur disposition". Alain Poirier qui précise sa pensée. "A partir du moment où l'on ne pourra plus suivre l'évolution du code de la consommation, de pouvoir bénéficier de nos juristes, forcément ce sont tous ces consommateurs qui vont en pâtir".

David Demey, président de la CLCV de Côte-d'Or - Radio France
David Demey, président de la CLCV de Côte-d'Or © Radio France - Thomas Nougaillon

Ces associations sont souvent sollicitées pour des enquêtes ou même dans des procès pour lesquels elles sont parties civiles

David Demey, préside l'association Consommation Logement Cadre de vie de Côte-d'Or. Lui met le doigt sur un paradoxe: l'Etat fait souvent appel à son association et dans le même temps il va lui couper les aides. Pour ne pas dire les "ailes". "On nous baisse nos crédits alors qu'on nous demande d'être présents, on nous sollicite pour être dans des commissions, comme dernièrement sur les Assises de la Consommation... Et comment on fonctionne si on n'a plus d'argent?"

Rendez-vous fin décembre

Le projet de loi de finances pour 2018 doit être voté fin décembre. Présent sur la dernière foire de Dijon le CTRCB a décidé de lancer une pétition qui a recueilli 200 signatures contre cette baisse des dotations.