Société

L'Europe s'accorde sur la répartition de 120.000 réfugiés, et a "pris ses responsabilités" selon François Hollande

Par Marina Cabiten, France Bleu mercredi 23 septembre 2015 à 8:04

François Hollande
François Hollande © Max PPP

"L'Europe a pris ses responsabilités" envers les réfugiés, a déclaré mardi François Hollande, en référence à l'accord des ministres de l'Intérieur de l'Union européenne pour la répartition de 120.000 réfugiés.

L'Europe "a été capable d'accueillir, mais avec des conditions et avec des règles, et c'est ce que demandait la France", a déclaré mardi soir à la presse François Hollande, en visite à Londres. Le Président réagissait ainsi à l'accord signé dans la journée par l'Union européenne quant à la répartition de 120.000 réfugiés, malgré le refus de plusieurs pays de l'Est hostiles à ce mécanisme de solidarité. 

Un soulagement acquis au forceps

Même si la "relocalisation" de 120.000 réfugiés a été votée par une large majorité des ministres de l'Intérieur réunis à Bruxelles, après seulement trois heures de tractations, la Hongrie, la Roumanie, la République tchèque et la Slovaquie ont jusqu'au bout campé sur un refus catégorique. Plusieurs pays, la France en tête, auraient préféré ne pas devoir procéder à un vote, privilégiant l'unanimité. Mais, même s'ils ont réussi à convaincre la Pologne de rejoindre leur camp, leurs efforts sont restés vains face aux quatre nations réfractaires à toute idée de quotas contraignants. Juridiquement, même ces Etats qui ont voté contre le mécanisme de répartition devront accepter leur contingent de réfugiés précisé dans ce texte.  

Nouveau sommet sur les "racines" de la crise 

L'accord trouvé par les ministres mardi permet de dégager l'horizon du sommet prévu mercredi à Bruxelles, qui va pouvoir se pencher sur d'autres décisions qui s'imposent. L'UE semble décidée à dégager une aide financière plus importante pour les pays frontaliers de la Syrie (Turquie, Jordanie, Liban) qui hébergent près de quatre millions de réfugiés. En aidant ces pays, et les agences onusiennes qui y aident les réfugiés, l'UE espère contenir le flux de demandeurs d'asile vers l'Europe. Sourde aux critiques de ses partenaires et des ONG, la Hongrie, qui a vu transiter 225.000 migrants depuis le début de l'année, poursuivait de son côté la construction d'une clôture à la frontière avec la Croatie, par où pénètrent depuis des jours des dizaines de milliers de migrants jugés indésirables.