Société

L'Europe veut glisser plus de morale dans l'activité des géants du web

Par Corinne Fugler, France Bleu Alsace, France Bleu Elsass et France Bleu vendredi 16 juin 2017 à 18:35

Facebook, un outil de propagande pour les terroristes
Facebook, un outil de propagande pour les terroristes © Maxppp - Axel Heimker

Comment lutter contre la propagande terroriste en ligne? Les géants du web font de timides tentatives pour paraître éthiques. Contenus mal contrôlés, "fake news", salariés exploités, évasion fiscale, les reproches à leur égard sont multiples. L'Europe veut clarifier les choses.

Comment lutter contre les contenus haineux en ligne? Empêcher les activités terroristes? Les géants du web, les "GAFA", comme "Google-Apple-Facebook-Amazon", sont souvent accusés d'accumuler les bénéfices sans se soucier de l'éthique. Et l''Europe peine à faire respecter ses règles fiscales ainsi que la vie privée de ses citoyens.

Jeudi 15 juin 2017, Facebook a annoncé en grande pompe que le réseau social allait enfin traquer les contenus à caractère "terroriste", grâce à des algorithmes conçus spécialement. Quand un internaute tentera de charger des photos ou des vidéos déjà identifiées comme "terroristes", un clip de Daech, par exemple, la plateforme bloquera le téléchargement. Il y a quelques mois déjà, Facebook, Twitter, Microsoft et YouTube ont annoncé la création d'une base de données commune, qui collectera les empreintes numériques des images déjà censurées sur leurs sites.

Il y a aussi les messageries cryptées, comme WhatsApp, propriété de Facebook, qui permettent aux terroristes d'échanger des messages. Après les attentats, quand ils fouillent le passé des agresseurs, les enquêteurs ont du mal à accéder aux contenus chiffrés de leurs comptes de messageries.

En matière fiscale, les GAFA jonglent avec les règles

La première ministre britannique Theresa May et le président Emmanuel Macron se sont vus mardi 13 juin à Paris pour évoquer la lutte contre le terrorisme. L'Europe peine également à faire respecter ses règles fiscales ainsi que la vie privée de ses citoyens. Les géants du web se jouent des règles. Il y a parfois des exceptions. Ainsi, Google doit verser 306 millions d'euros à l'Italie pour clore des contentieux fiscaux. La société a aussi payé 168 millions d'euros au Trésor britannique l'an dernier. En juillet, le tribunal administratif de Paris tranchera à son tour dans un conflit qui oppose Google au fisc français. Google ne déclare pas ses bénéfices publicitaires en France, mais en Irlande, où ils sont beaucoup moins taxés. Facebook et Amazon sont, elles aussi, des adeptes de l'optimisation fiscale. C'est pourquoi 70 états de l'OCDE ont conclu début juin une convention pour empêcher les multinationales de délocaliser artificiellement leurs bénéfices vers des pays plus conciliants.

Le Parlement européen veut clarifier le marché unique numérique

Les eurodéputés ont voté jeudi 15 juin à Strasbourg un texte présenté par le Français Philippe Juvin sur les plateformes numériques. Ils réclament les mêmes règles pour toutes les sociétés du net en Europe. Les députés dénoncent les intrusions dans la vie privée des internautes et le manque de contrôle des contenus mis en ligne. A travers un second texte voté le même jour, le Parlement s'est aussi intéressé aux règles qui régissent les plateformes collaboratives, comme Airbnb ou Uber. Elles pèsent, elles aussi, dans l'économie européenne: un consommateur sur six les utilise de temps à autre.

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