Société

"Jungle" de Calais : l'évacuation du camp de migrants commencera lundi

Par Marion Chantreau et Bénédicte Courret, France Bleu Nord et France Bleu vendredi 21 octobre 2016 à 18:00 Mis à jour le vendredi 21 octobre 2016 à 18:08

L'évacuation de la "jungle" de Calais débutera ce lundi 24 octobre au matin.
L'évacuation de la "jungle" de Calais débutera ce lundi 24 octobre au matin. © AFP - PHILIPPE HUGUEN

Le démantèlement de la "jungle" de Calais commencera lundi matin annonce la préfecture du Pas-de-Calais. Plus de 7000 migrants, présents dans le campement, seront orientés vers des centres répartis partout en France. L'évacuation du camp devrait durer trois jours au moins.

La préfète du Pas-de-Calais, Fabienne Buccio, a publié ce vendredi soir l'arrêté d'expulsion de la "jungle" de Calais. Une opération d'envergure qui sera lancée lundi matin à 8h à Calais. L’État va procéder au démantèlement du campement et diriger plus de 7000 migrants vers des CAO (centre d'accueil et d'orientation) disséminés partout en France. Les départs vont s'étaler sur trois jours ou plus si nécessaire. 145 bus permettront de transporter les migrants.

Mobilisation d'ampleur

Au total, plus de 2000 personnes seront mobilisées pour cette opération, dont 1250 policiers et gendarmes, des agents de l’État, des traducteurs, des pompiers, des secouristes et des bénévoles d'associations. Les forces de l'ordre devront particulièrement veiller à ce qu'aucun squat ne se reforme à Calais. Une cinquantaine de sites sensibles ont été répertoriés dans l'agglomération qu'il faudra surveiller.

Une logistique importante

Les migrants seront accueillis dans un hangar de 3000 mètres carrés situé près du camp, aménagé en gare routière pour l'occasion. Ce hangar sera ouvert de 8h à 20h ou même plus tard si nécessaire. Un panneau explicatif, traduit en neuf langues, détaillera le dispositif d'évacuation. Quatre files d'attente sont prévues, une pour les majeurs qui pourront partir en groupe s'ils le souhaitent, une pour les familles, une pour les personnes vulnérables, et une pour les mineurs isolés qui seront mis à l'abri encore une ou deux semaines dans le village de conteneurs de la "jungle".

Le dispositif d'évacuation de la "jungle". - Visactu
Le dispositif d'évacuation de la "jungle". © Visactu

Lundi, premier jour de l'opération, 60 bus effectueront des départs toute la journée pour emmener les occupants du camp vers les différents centres d'accueil et d'orientation en France. Il y aura deux accompagnateurs dans chaque bus. 45 bus sont prévus le mardi et 40 le mercredi. Dès mardi, 40 agents d'une entreprise de nettoyage viendront démonter les abris laissés vides.

La préfète du Pas-de-Calais, Fabienne Buccio, dirigera l'opération, qu'elle détaille :

Deux destinations leur seront proposées. En fonction de la région choisie, on leur délivrera un bracelet de couleur. Les personnes seront ensuite accueillies par du personnel de la sécurité civile dans six tentes où elles devront décliner leur identité. Puis elles monteront à bord des bus dont l'itinéraire est précis. Pour les longs trajets, des paniers repas seront distribués. A chaque arrêt, l'accueil sera accompagné d'une présence de la police ou de la gendarmerie locale .

Lé préfète du Pas-de-Calais, Fabienne Buccio, précise le dispositif mis en place

Une opération à haut risque

L'accès à la "jungle" sera strictement réglementé pendant toute la durée de l'opération. Seront autorisées à pénétrer sur le site uniquement les personnes disposant d'une autorisation, soit les migrants, les associations qui s'occupent d'eux et les membres du dispositif d'évacuation.

La difficulté de l'opération pourrait venir des migrants qui refuseraient de quitter la "jungle". Les autorités espèrent qu'ils seront peu nombreux. Dans ce cas, ils seraient envoyés dans des centres de rétention.

Quant aux activistes "no border" (militants qui luttent pour l'abolition des frontières) qui s'opposeraient au démantèlement, ils s'exposent à être reçus dans un commissariat mobile, aménagé le temps de l'opération. On estime qu'ils seraient déjà 200 arrivés dans le camp ces deux dernières semaines, de différentes nationalités européennes.

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