Société

L'homme d'affaires orléanais Claude Fousse devant le tribunal

Par Stéphane Barbereau, France Bleu Orléans lundi 26 septembre 2016 à 18:02

Une maison en construction
Une maison en construction © Maxppp - Photo PQR / L'Est Républicain

Le patron du groupe de construction de maisons neuves est jugé ce mardi après-midi par le tribunal correctionnel d'Orléans pour de supposés pratiques illicites. Un nouveau scandale pour un homme déjà dans la tourmente depuis la faillite de six de ses sociétés en mai dernier.

Le tribunal correctionnel d'Orléans devra juger 4 dossiers différents ce mardi après-midi, impliquant Claude Fousse ou des dirigeants de sociétés lui appartenant (dont son fils, Jérôme). On lui reproche d'avoir exigé un acompte sur des travaux qui n'étaient pas encore réalisés dans des maisons en construction, à Baule notamment, en 2014.

700 victimes des faillites de Claude Fousse

Ces affaires ne sont pas liées aux liquidations judiciaires des six sociétés prononcées en mai dernier. Une décision du tribunal de commerce qui avait transformé le rêve de maisons de 700 personnes en France en cauchemar, avec un arrêt immédiat des chantiers en attendant que leur garant ne retrouve un constructeur de la maisons individuelles qui veuille bien prendre la suite. Des maisons en jachère dont l'indemnisation pourrait se monter à plusieurs dizaines de millions d'euros, selon un avocat qui traite plusieurs dossiers.

1 an qu'un couple fleurissois attend sa maison neuve

Dans le Loiret, la patrie de l'empire Fousse, on compte de nombreuses victimes, comme Asma et Kamel Ablekimoglu. Ce couple de 30 et 36 ans a signé la construction de sa maison neuve en mars 2014. Le logement devait être construit par une société de Saint Jean le Blanc qui fait faillite en janvier 2015. Premier coup d'arrêt dans leur projet. Leur garant leur trouve alors une nouvelle société, en juin 2015, apte à continuer le chantier : CTVL, du groupe Fousse. Kamel, chauffeur routier, n'est pas très confiant :

J'ai l'habitude de livrer des grosses plateformes du bâtiment. J'avais des échos de leurs fournisseurs disant que ça n'allait pas très très bien, qu'ils ne voulaient plus leur donner de matériel et travailler avec eux

Du rêve au cauchemar pour un couple Fleurissois, victime de la faillite de CTVL

CTVL reprend la construction de la maison, ce couple verse 30 000€ d'acompte pour, au final, voir arriver des fenêtres qui ne sont pas aux bonnes mesures. Ils font appel à une conciliatrice de justice. Le conducteur de travaux CTVL affirme que la maison sera livrée fin avril 2016. Mais le mois suivant, CTVL met la clé sous la porte. Entre temps, rassurée par la décision de justice, Asma a commencé à vendre ses meubles dans son appartement, pour anticiper le déménagement :

On avait repris le sourire. On a tout vendu chez nous, les meubles, des éléments de cuisine, le canapé. On a vendu la moitié de notre petit appartement, ça fait un an qu'on est en camping et 3 ans que notre vie est complètement arrêté !

Ce couple aux revenus modestes (Asma est assistante de direction et Kamel, chauffeur routier à temps partiel) doit, en attendant d'emménager un jour dans sa maison, payer le crédit de ce projet cauchemardesque et régler également chaque mois le loyer de leur appartement de plus en plus petit avec leurs enfants de 3 et 6 ans.