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Société

L'interdiction du glyphosate fait débat chez les agriculteurs manchois

mardi 29 mai 2018 à 5:05 Par Pierre Coquelin, France Bleu Cotentin

Le débat sur l'interdiction de l'herbicide controversé glyphosate s'est invité à l'Assemblée nationale, à l'occasion de l'examen de la loi Agriculture et Alimentation ce lundi. Un amendement souhaitant l'inscrire dans la loi, finalement rejeté.

Une cinquantaine de députés de la majorité a déposé un amendement sur la "programmation raisonnée de la fin du glyphosate" gravée dans la loi.
Une cinquantaine de députés de la majorité a déposé un amendement sur la "programmation raisonnée de la fin du glyphosate" gravée dans la loi. © Radio France - Pierre Coquelin

Saint-Georges-de-Bohon, France

Le glyphosate, Gilbert Michel l'utilise depuis des années. Dans son exploitation de 400 hectares (dont 130 exploitables) à Saint-Georges-de-Bohon, il cultive du maïs pour le fourrage. "Je ne l'utilise pas systématiquement, mais seulement quand je vois des mauvaises herbes", confie-t-il.  Le vice-président de la FDSEA en charge des grandes cultures explique qu'il n'a pas mis de glyphosate cette année "à cause des conditions météo pas faciles : du vent, de la pluie... ça peut dériver". En général, il en utilise 1,5 à 2 litres par hectare, là où l'Europe autorise jusqu'à 7 litres. 

Ce qui me fait peur, c'est de ne plus l'avoir. Pour moi, c'est un outil environnemental car il limite l'utilisation d'autres produits nocifs. 

Après la décision de l'Union européenne en novembre de renouveler la licence de l'herbicide controversé pour cinq ans, Emmanuel Macron avait promis que la substance, principe actif du Roundup de Monsanto, serait interdite en France "au plus tard dans trois ans".
En février, le ministre de la Transition écologique Nicolas Hulot s'était dit prêt à envisager des "exceptions" pour les agriculteurs qui ne seraient pas "prêts en trois ans" à se passer du glyphosate. Mais dans le projet de loi Agriculture et Alimentation du ministre de l'Agriculture Stéphane Travert, point d'article sur le glyphosate.

"On n'est pas mariés avec une marque de produits"

Une cinquantaine de députés de la majorité a déposé un amendement sur la "programmation raisonnée de la fin du glyphosate" gravée dans la loi. Il prévoit l'échéance du 1er mai 2021, avec des dérogations possibles jusqu'en 2023. Amendement finalement rejeté dans la nuit de lundi à mardi. "S'il y a un autre produit qui ne s'appelle plus glyphosate, et qui ne coûte pas plus cher, on est preneurs ! On n'est pas mariés avec une marque de produits de traitement", explique Gilbert Michel.

Gilbert Michel, éleveur céréalier : "Ce qui me fait peur, c'est de ne plus avoir le glyphosate"

Le glyphosate a été placé parmi les substance cancérogènes selon l'Organisation mondiale de la Santé (OMS) en 2015. Mais quand on demande à Gilbert s'il a peur en utilisant le produit. "Pas du tout ! Ce qui me fait peur, c'est de ne plus l'avoir. Pour moi, c'est un outil environnemental car il limite l'utilisation d'autres produits nocifs. En plus, le coût n'est pas si élevé : 9 euros par hectare. ça me fait des économies de 35-40 euros par rapport à un autre herbicide". 

Des alternatives ?

"Il faut absolument légiférer pour ne pas porter à plus loin que trois ans maximum l'interdiction. Trois ans, c'est long, car il y a des risques sur la santé et l'environnement. et puis nous avons d'autres solutions, comme les rotations de cultures. Nous devons devenir des agronomes et non des chimistes. Il est temps d'avancer", explique le Manchois François Dufour, conseiller régional de Normandie, et ancien porte-parole de la Conférédation paysanne. 

"Bien sûr qu'il y a d'autres solutions, plus ou moins chimiques. On parle du vinaigre blanc, de l'eau salée... Des alternatives mécaniques aussi, mais c'est n'est pas économique et écologique car ça consomme du carburant. La pollution se retrouve dans l'air. Faut pas se tromper", commente l'éleveur céréalier de Saint-Georges-de-Bohon.  

Les collectivités locales ne peuvent plus utiliser de pesticides chimiques depuis le 1er janvier 2017. Ce sera également le cas pour les particuliers le 1er janvier 2019.