Société

Un an après l'attentat de Nice : une société bordelaise sécurise les grands événements

Par Mélanie Juvé, France Bleu Gironde vendredi 14 juillet 2017 à 4:00

Abdel Feghoul a inventé le Blocstop après l'attentat de Nice.
Abdel Feghoul a inventé le Blocstop après l'attentat de Nice. © Radio France - Mélanie Juvé

Un an après l'attentat de Nice, la sécurité a été renforcée à Bordeaux pour les festivités du 14-Juillet. Cette année, les quais sont équipés de gros pavés de béton jaunes et noirs, les "Blocstop". Ils sont l'invention du Bordelais Abdel Feghoul. Aujourd'hui, ses blocs sont partout en France.

Ils font partie du paysage. Les Blocstop, gros pavés de béton jaunes ou noirs à Bordeaux sont sur les quais depuis la fête du fleuve et jusqu'à fin août. Un an après l'attentat de Nice, ils servent à barrer la route ou ralentir tout véhicule pour les festivités du 14-Juillet. Leur inventeur est Bordelais : Abdel Feghoul, et son usine principale est située à Cestas, près de Bordeaux.

"Répondre en couleur à ce qu'il se passe"

Lors de l'attentat de Nice, Abdel Feghoul dirige une entreprise de location de matériel électrique dans le bâtiment. C'est là que les blocs de bétons qu'il utilise dans son travail lui donnent une idée : les utiliser pour stopper des voitures-bélier. Il invente alors le Blocstop, pavé de béton fibré et ferraillé, et la société du même nom. "Je me suis dit qu'on allait être amenés à utiliser ce genre de dispositif, explique Abdel Feghoul. De là l'idée de créer un produit qui s'intègre un peu plus dans l'environnement, et qui choque moins. C'est une façon de répondre en couleur à tout ce qu'il se passe." Car s'ils majoritairement jaunes à Bordeaux à cause d'une législation de code couleur de la voirie, ses blocs se déclinent en plusieurs teintes, et peuvent être utilisés comme support pour du street art.

Une demande de plus en plus forte

En septembre 2016, Blocstop sécurise son premier événement : les 40 ans du Décastar de Talence, une compétition d'athlétisme. Depuis, la demande à explosé et l'entreprise loue ou vend ses produits partout en France. "On a fait le festival Fnac Live à Paris, le carnaval de Dunkerque, le festival Solidays..." .Ou encore la sécurisation de meetings politiques comme celui de Benoît Hamon par exemple. Avec leur forme particulière, des barrières de sécurité peuvent s'accrocher aux Blocstop. La société a aussi crée des déclinaisons du bloc simple comme des sas d'entrée montables pour les points de fouille des agents de sécurité. Environ 90 blocs sont produits par semaine. "En quelques mois, on a triplé voire quadruplé la cadence" explique-t-il. L'entrepreneur a aujourd'hui sept employés entre Cestas et Paris. Avec une demande toujours plus importante il va bientôt embaucher deux autres personnes à Marseille. Bientôt, il pourrait aussi sécuriser des événements à l'international.