Société

L'observatoire des prisons saisit le Conseil d'Etat sur le risque incendie à la prison de Tours

Par Yohan Nicolas, France Bleu Touraine mardi 20 décembre 2016 à 8:15

La commission de sécurité incendie dénonce l'état de vétusté avancé de la prison de Tours
La commission de sécurité incendie dénonce l'état de vétusté avancé de la prison de Tours © Maxppp - Patrice Deschamps

La maison d'arrêt de Tours représente-t-elle un danger pour les détenus et le personnel? Un rapport récent de la commission départementale de sécurité incendie a émis un avis défavorable à la poursuite de son exploitation. Le dossier est examiné par la justice ce mardi.

Dans certains cas, les commissions de sécurité émettent un avis défavorable à l'ouverture des bâtiments. La justice est saisie en urgence. Après la surpopulation, la violence, les problèmes de rats, voici des prisons françaises face à un danger plus inquiétant : celui de la sécurité incendie.

Saisi par l'Observatoire International des Prisons (OIP), le Conseil d'Etat examine ce mardi, en urgence, le cas de deux maisons d'arrêt : Ajaccio et Tours. Et au delà de ces deux cas, l'OIP a collecté pour l'instant les avis négatifs de commissions départementales de sécurité contre les risques d'incendie dans 12 prisons.

A la maison d'arrêt de Tours, la commission de sécurité incendie pointe "l'état de vétusté avancé" du bâtiment, sa "non conformité aux règles" de sécurité et le manque de formation des personnels. En cas d'incendie, la commission s'inquiète donc d'un risque de propagation très rapide des flammes...

Pour Patrice Spinosi, l'avocat de l'association, il est grand temps que le ministère de la justice se saisisse du sujet : "L'administration manque cruellement de moyens. En agissant devant le juge, on va forcer l'administration à trouver les moyens nécessaires pour pouvoir faire les travaux. Il ne s'agit plus simplement d'argent, il s'agir de la vie des prisonniers, de leur sécurité, et de l'obligation de l'Etat de garantir la sécurité des personnes qui sont sous sa responsabilité pénale".

"Si un incendie venait à se déclarer, on aurait un drame"

Si le Conseil d'Etat est saisi de ces deux cas aujourd'hui, c'est parce que l'Observatoire International des Prisons n'a pas obtenu gain de cause devant les tribunaux administratifs. Ces derniers estimaient qu'à Tours et Ajaccio, l'administration pénitentiaire avait réalisé ou, au moins, programmé des travaux. Ce qui serait satisfaisant.

La maison d'arrêt de Tours, ce sont près de 220 détenus, avec un taux d'occupation de 160%.