Société

L'ONU appelle à la répartition d'au moins 200.000 réfugiés dans l'UE via des quotas obligatoires

Par Marina Cabiten, France Bleu vendredi 4 septembre 2015 à 8:16

Antonio Guterres, haut-commissaire de l'ONU pour les réfugiés
Antonio Guterres, haut-commissaire de l'ONU pour les réfugiés © MaxPPP

Le haut-commissaire de l'ONU pour les réfugiés (HCR), Antonio Guterres, a appelé vendredi à la répartition d'au moins 200.000 demandeurs d'asile dans l'Union européenne et a estimé que tous les membres de l'UE devaient avoir l'obligation de participer à ce programme.

"Les personnes qui ont une demande de protection valide (...) doivent ensuite bénéficier d'un programme de réinstallation de masse, avec la participation obligatoire de tous les Etats membres de l'UE . Une estimation vraiment préliminaire semble indiquer le besoin potentiel d'accroître les opportunités de réinstallation à 200.000 places", a estimé vendredi Antonio Guterres, le haut-commissaire de l'ONU pour les réfugiés.   

"Un effort commun massif"

"L'Europe est confrontée à son plus grand afflux de réfugiés depuis des décennies", a-t-il dit, estimant que "la situation exige un effort commun massif qui est impossible avec l'approche fragmentée actuelle" qui existe au sein de l'UE.   

Plus de 300.000 personnes ont traversé la Méditerranée depuis le début de l'année, et plus de 2.600 sont mortes en effectuant ce périple, selon le HCR. "Après leurs arrivées sur les côtes et les frontières de l'Europe, ils poursuivent leur voyage, dans le chaos", a déploré M. Guterres, qui dénonce la façon indigne dont ces personnes sont traitées. Il a expliqué qu'"il s'agit avant tout d'une crise de réfugiés, pas seulement d'un phénomène migratoire", car la grande majorité de ceux qui arrivent en Grèce viennent de pays connaissant des conflits, comme la Syrie, l'Irak et l'Afghanistan .   

Aylan Kurdi, l'électrochoc

La veille, la publication dans nombre de journaux européens des photos d'Aylan Kurdi, enfant syrien de trois ans retrouvé mort sur une plage turque , a déclenché une vague mondiale d'indignation et beaucoup de réactions politiques. 

Jeudi l'Allemagne et la France ont lancé jeudi une initiative commune pour "organiser l'accueil des réfugiés et une répartition équitable en Europe" de ces familles, qui fuient principalement la guerre en Syrie. Si le président François Hollande n'a pas repris l'expression de "quotas contraignants" utilisée par la chancelière Angela Merkel, il a accepté l'idée d'un "mécanisme permanent et obligatoire".