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Société

La baisse des aides au logement agace aussi en Côte-d'Or

mardi 25 juillet 2017 à 13:33 Par Arnaud Racapé, France Bleu Bourgogne

Le gouvernement l'a annoncé : les aides au logement (APL, mais pas seulement) vont baisser de 5 euros par mois à compter du mois d'octobre. Une mesure qui passe très mal au niveau des associations de consommateurs et des bailleurs sociaux côte-d'oriens.

Les Aides Personnelles au Logement vont baisser à partir du mois d'octobre pour les 6,5 millions de bénéficiaires en France
Les Aides Personnelles au Logement vont baisser à partir du mois d'octobre pour les 6,5 millions de bénéficiaires en France © Maxppp - Bruno LEVESQUE

Un "scandale", une "décision arbitraire", prise sans "aucune concertation". Depuis l'annonce de la baisse des APL à compter du mois d'octobre pour les 6,5 millions de foyers français, les réactions sont épidermiques. Surprise, incompréhension, mais aussi consternation, en particulier après les propos de la députée de la République en Marche Claire O'Petit, devant la caméra de nos confrères du Huffington Post.

Si à 18 ans vous commencez à pleurer pour 5 euros...

Encore une fois, on tape sur les plus petits

Une mesure d'économie très critiquée, avant une "réforme globale" des aides au logement, annonçait ce mardi le ministre de la Cohésion des territoires Jacques Mézard. Ce dernier dénonce un système couteux (18,4 milliards d'euros) et "pervers", car il alimente la hausse des loyers.

Scandalisée autant par l'annonce du gouvernement que par ses déclarations, l'association de consommateurs CLCV s'est fendue d'un communiqué, dans lequel elle dénonce fermement ce qu'elle qualifie de "première attaque sur les revenus des plus modestes". A Dijon, le président de la CLCV 21 renchérit : "nous on s'interroge sur la finalité de cette chose. cinq euros là , pourquoi pas cinq euros l'année prochaine, et pourquoi pas à terme supprimer purement et simplement cette APL ? Vous avez des gens à qui il reste dix euros. Dix euros. Quad ils ont tout payé, leur loyer, leur énergie, leur alimentation, le peu de vêtements qu'ils peuvent s'offrir. Je ne parle même pas des sorties au restaurant ou au cinéma. On fait simplement un constat : encore une fois on tape sur les plus petits."

Un foyer bénéficiaire sur deux vit au-dessous du seuil de pauvreté

Les plus petits, car les bénéficiaires de ces APL font de fait partie des revenus les plus modestes. "Moins de 1,02 SMIC", précise la CLCV. Et c'est même bien pire dans les logements sociaux, constate Christophe Berion, le directeur général d'Orvitis (principal bailleur social en Côte-d'Or avec 12.500 logements) : "aujourd'hui, dans le parc social, on réalise à peu près une attribution sur deux pour des familles qui vivent en dessous du seuil de pauvreté, soit moins de 1.000 euros par mois. Cette baisse de cinq euros aura donc pour conséquence de mettre ces personnes encore plus en difficulté, on va engendrer une difficulté économique plus forte pour ces gens."

350.000 euros de manque à gagner pour Orvitis à Dijon ?

L'autre conséquence, précise Christophe Berion, elle est pour le bailleur, qui risque de faire face à des impayés sur les loyers qui resteront à percevoir. "Pour Orvitis, très concrètement, avec 6.000 foyers bénéficiaires de l'APL, sur l'année c'est un risque pour un éventuel manque à gagner de l'ordre de 350.000 euros. Un risque que va supporter le bailleur, et les familles qui seront en difficulté. Donc ce n'est vraiment pas un bon signe pour le monde du logement social, cette baisse de l'APL."

Des économies, oui. Une baisse des loyers, non

Et la ligne de défense du gouvernement ne semble pas convaincre tous ces acteurs. Le porte-parole du gouvernement Christophe Castaner, qui évoque une remise à plat totale des aides au logement pour l'année prochaine, fait valoir que les APL font mécaniquement augmenter les loyers : un effet pervers qu'il convient de rectifier. C'est sans doute vrai dans des territoires tendus, concède Nicolas Berrion. "Ce phénomène est peut-être observable dans les territoires tendus, où il y a peu d'offre de logement par rapport à une offre importante. Mais ce n'est pas le cas dans nos régions. C'est une fausse idée que de penser que diminuer les APL dans le parc social va faire baisser les loyers. Rappelons que nos loyers sont conventionnés, bloqués, et ne peuvent pas dépasser un certain seuil."

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Vers une refonte de la politique du logement en France

Alors qu'en dit Didier Martin, député La République en Marche de Côte-d'Or ? Pour lui, le gouvernement ne fait qu'appliquer une directive de la cour des comptes datant de l'année dernier. Par ailleurs, il estime comme le premier ministre Edouard Philippe qu'une refonte totale du système des aides au logement est nécessaire. "J'ai moi-même interrogé le gouvernement dans notre réunion de groupe pour lui dire que cette annonce qui était arrivée ce weekend concernait des personnes peu favorisées dans notre société, et que c'était vécu comme une sorte d'injustice. La réponse du premier ministre c'est qu'il faut remettre complètement à l'étude la politique du logement en France, le rapport entre l'Etat, les locataires et les propriétaires. Et bien sûr maintenir cette aide très importante.; Ce sera fait dans le cadre des discussion sur le budget 2018."