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Société

La barbe, une mode qui n'en démord pas

jeudi 27 juillet 2017 à 16:06 Par Paul Sertillanges, France Bleu Isère

Depuis quelques années, la barbe est de retour ! Cette mode profite aux barbiers, anciens comme novices. On compte moins d'une dizaine de professionnels sur la métropole de Grenoble. Nous en avons rencontré trois d'entre eux.

La barbe est tendance, et plus que jamais à Grenoble.
La barbe est tendance, et plus que jamais à Grenoble. © Radio France - Paul Sertillanges

Grenoble, France

Concernant la pilosité faciale, le 20e siècle a eu son lot de modes différentes. Après la moustache de la Belle Époque, le style hippie des années 70, c'est le "hipster" qui a débarqué à la fin des années 2000. Derrière cette appellation, il y a toute une culture, mais sa caractéristique principale est : la grosse barbe, taillée et entretenue.

Une mode qui a changé bien des choses

Cette mode s'est propagée, et dur. Avec elle, des mutations s'opèrent. Depuis Juillet 2015, le port de la barbe est autorisé dans la police mais "doit être soignée et compatible avec le port d'équipements". Pareil à l'armée, où la barbe est autorisée à condition d'être entretenue pour des raisons d'hygiène.

Des changements s'opèrent aussi au sein du milieu professionnel des coiffeurs. Depuis les années 90, la coupe de la barbe avait disparu du CAP coiffure. Elle est réapparu en 2013, sous forme d'option dans le brevet professionnel.

Le retour de la coiffure masculine

Dans la salon d'Hervé Rateau, après le rasoir, c'est l'ambiance qui vaut le détour. - Radio France
Dans la salon d'Hervé Rateau, après le rasoir, c'est l'ambiance qui vaut le détour. © Radio France - Paul Sertillanges

"Tous les barbiers sont coiffeurs, mais tous les coiffeurs ne sont pas barbiers", sourit Hervé Rateau. Aujourd'hui la cinquantaine, il est dans le métier depuis ses 16 ans. Avant, il effectuait surtout des rasages intégrales. Depuis la mode, il taille de plus en plus de barbe. "Mais j'ai la base, la formation à l'ancienne, rassure-t-il, _il y a des gestes et une hygiène à respecte_r".

Le salon d'Hervé Rateau respire une forte identité. Une grosse moto parquée devant la vitrine; à l'intérieur, des références américaines et rock sur tous les murs. C'est ça aussi les barbiers, une communauté avec une forte connotation "moto, rock, tatouage". "Après, il y a barber's shop et barber's shop, note-t-il, c'est un coiffeur exclusivement pour les hommes comme il y a un coiffeur pour femmes. On ne peut pas s'afficher barbier et faire du mixte".

"C'est un métier à part entière" — Lionel Paul, Barbier

Lionel Paul est barbier. Il a lui un salon chic, destiné aux CSP+ : plus de soin, plus de temps, cadre bourgeois, mais plus cher. Cependant, il va dans le même sens que Hervé Rateau : "On redécouvre un métier, qui est la coiffure masculine". Lui aussi est barbier depuis le début des années 90, lors de l'essor de la coiffure mixte.

Mais depuis quelques années, tout a changé. "La coiffure masculine a été totalement relancée, il y a vraiment un engouement la dessus, assure Lionel Paul, si on veut apporter des réponses et donner des conseils, il est important de considérer le barbier comme ce qu'il est : un métier à part entière".

Une véritable communauté autour de l'artisanat du poil

Damien Bourgeois fait partie des jeunes générations à avoir rejoint le métier, la nouvelle vague. La mode a été un tremplin. Dans son salon, le chic se mêle à l'univers plus rock. Sur le mur, une gamme de barbe avec différents styles. "Il y a par exemple l'américaine, stylisée, travaillée, creusée, ou encore la française-anglaise, plus sobre, droite avec des lignes franches", présente-t-il. Des barbes plus déjantées existent : "La plupart du temps c'est pour des soirées déguisées ou des paris, jamais le vrai style de la personne".

Ce qui fait sortir les barbiers du lots, c'est qu'il s'agit d'une réelle communauté, autour des styles et goûts spécifiques : moto, tatouage, chic, rock. "Ça s'est ressenti au meeting qui a eu lieu au stade de Montpellier, où tous les barbiers de France s'étaient réunis". Le développement de cette communauté va de paire avec la tendance des hommes à prendre de plus en plus soin d'eux. "Maintenant, ils osent de plus en plus, affirme Damien Bourgeois, c'est qui est amusant, c'est que ce sont souvent les femmes qui les freinent un petit peu". Inéluctablement, de nouvelles marques apparaissent et le milieu se développe.

Chez le barbier : un moment de détente

À Grenoble, les barbes envahissent les rues. Pourtant, les barbiers sont moins d'une dizaine sur la métropole. Résultat : ils sont débordés. "J'ai des réservations sur 15 jours d'affilée", révèle Damien Bourgeois. Même son de cloche pour Hervé et Lionel qui sont bouclés la plupart du temps sur plusieurs jours voire plusieurs semaines. Le temps que met un taillage/rasage de barbe, parfois plus de 25min, peut aussi expliquer ce phénomène.

Ce que les clients retiennent, c'est surtout le confort. "C'est un plaisir avant tout d'aller chez le barbier", sourit David. "C'est un petit moment de détente, très agréable", ajoute Pierre-Henri. "Ce que j'aime, c'est prendre le temps, assure de son côté Hervé Rateau, parce que si je fais ce métier, c'est pas pour le billet dans la caisse, c'est parce que c'est une passion. Le jour où je ne serai plus passionné, j'arrêterai."