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CARTE - Canicule : 15 départements toujours en vigilance rouge, 54 désormais en orange

La bataille de la 5G en France

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Par , France Bleu

La 5G sera-t-elle déployée d'ici la fin de l'année en France ? L'équipementier Huawei est dans le viseur, accusé d'espionnage pour le compte de Pékin. Dans le même temps, plusieurs voix s'élèvent pour évoquer des inquiétudes sanitaires et écologiques.

La bataille se concentre notamment autour de l'équipementier Huawei.
La bataille se concentre notamment autour de l'équipementier Huawei. © AFP - NICOLAS ASFOURI

L’équivalent de la fibre sur votre téléphone, des villes intelligentes, des voitures autonomes, la téléchirurgie… Les enjeux de la 5G en France sont plus nombreux que ce que l’on pourrait penser. Mais en sous-main, plusieurs batailles font rage. En premier lieu, celle des équipementiers. Ils sont au nombre de trois à pouvoir fournir les équipements aux différents opérateurs français pour ce futur réseau 5G : Nokia, Ericsson et le chinois Huawei. 

C’est sur ce dernier que les négociations (et les tensions) se concentrent : ce dimanche, l'Agence nationale de sécurité des systèmes informatiques (Anssi) a indiqué que les autorisations d’exploitation des antennes Huawei seraient fortement restreintes, pour les opérateurs partenaires. SFR et Bouygues Télécom, notamment, pourraient se retrouver le bec dans l’eau. Les deux opérateurs utilisent en effet déjà des antennes Huawei dans leurs réseaux 4G et veulent s'appuyer dessus pour déployer la 5G, compatible.

Il n’y aura pas de "bannissement total" assure l’Anssi, mais les autorisations d’exploitation seront limitée à huit ans. "Les opérateurs qui n'utilisent pas Huawei, nous les incitons à ne pas y aller", ajoute Guillaume Poupard, le directeur général de l'Anssi, chargée par le gouvernement d'instruire ce dossier, dans un entretien au journal Les Echos. 

"Les décisions sont prêtes", affirme-t-il. "Il ne reste donc plus à l’exécutif qu’à les signer. Et "il y aura des refus", confirme M. Poupard aux Echos. Comprendre : en ce qui concerne Huawei. 

Pourquoi l’équipementier Huawei est-il dans le viseur ? 

Ces décisions vont bien au-delà du simple aspect industriel. Le bras de fer diplomatique entre les Etats-Unis et la Chine en est à l’origine. Washington fait en effet pression sur ses alliés pour qu'ils bannissent Huawei pour raison de sécurité, invoquant sa proximité avec le gouvernement chinois. L'entreprise a toujours démenti ces allégations.

Les opérateurs veulent des compensations

L'enjeu est donc particulièrement important en France pour SFR (Altice) et Bouygues Telecom. L'Arcep, le régulateur des télécoms, a fixé à septembre les enchères pour l'attribution des nouvelles fréquences. Les premières offres commerciales pourraient être disponibles en France avant la fin de l’année. D’ici là, les deux opérateurs s'inquiètent de devoir changer d'équipementier, ou même démonter leurs anciens équipements en cas d’incompatibilité. Ils ont prévenu qu'ils demanderont une compensation si l'Etat barre la route au groupe chinois.

Réponse du directeur de l’Anssi : "Ce que l'on fait sur la 5G en France, c'est un compromis. Il faut développer la 5G dans des conditions économiques acceptables pour les opérateurs télécoms et aussi souveraines, qui nous permettent de ne pas être dépendants de tel ou tel équipement ou pays".

"Nous ne sommes pas dans du Huawei bashing, ni dans du racisme anti-chinois, assure Guillaume Poupard. Nous sommes dans une gestion de risques. Tous les équipementiers télécoms ne se valent pas. Je ne cite pas de nom, mais il est clair que l'on n'est pas dans les mêmes risques quand on parle d'équipements chinois ou américains. Nous sommes prudents vis-à-vis des équipementiers non-européens", a ajouté M. Poupard.

D’autres voix s’élèvent, preuve que le débat est sensible

"Moi je ne veux pas de Huawei en Europe", a assuré sur franceinfo ce lundi l'eurodéputé EELV Yannick Jadot. Il appelle à protéger la "souveraineté numérique" du continent face au géant chinois des télécoms, et à soutenir Ericsson et Nokia dans cette technologie. "On ne peut pas laisser aujourd'hui une entreprise chinoise intervenir sur toutes nos données", argumente-t-il. 

Il plaide pour "un bloc européen qui à la fois pousse Ericsson et Nokia à être au niveau et bloque Huawei, car c'est notre souveraineté politique qui est en jeu". L’équipementier chinois a en effet une longueur d’avance sur ses concurrents. 

Outre-Manche, le Premier ministre britannique Boris Johnson devrait annoncer ce mois-ci des plans pour retirer progressivement les équipements Huawei du réseau 5G du pays, affirme ce lundi le Financial Times, citant des sources gouvernementales.

Les inquiétudes sanitaires et écologiques

Une autre inconnue pèse sur le déploiement de cette nouvelle technologie : le 21 juin, la ministre de la Transition écologique Elisabeth Borne a annoncé avoir demandé au Premier ministre d'attendre l'évaluation des effets sanitaires de la 5G par l'Anses - espérée pour la fin du premier trimestre 2021 - avant de la déployer.

Le Conseil d'Etat, saisi par des associations inquiètes des potentiels effets néfastes de la 5G sur la santé et l'environnement, doit se prononcer prochainement.

Les dégradations d'antennes-relais se sont multipliées ces dernières semaines en France. Des actions généralement attribuées à des membres de l'ultragauche ou à des militants anti-5G. Ainsi, dans la nuit du 2 au 3 mai, six personnes ont été interpellées, soupçonnées d'avoir incendié une antenne-relais à Douai dans le Nord.

La semaine dernière, le PDG d’Orange Stéphane Richard s’est aussi inquiété, après les municipales, d’un "certain nombre de majorités élues qui ont des propos réservés, voire carrément négatifs sur la 5G", devant la commission des Affaires économiques de l'Assemblée nationale. 

Ainsi, le nouveau maire Europe Ecologie - Les Verts de Tours Emmanuel Denis, demande un "moratoire" sur le déploiement de la 5G en France. "Avant de lancer cette technologie qui aura des incidences importantes en termes d'infrastructures, il faut absolument se poser la question de l'impact à la fois sanitaire et de l'impact écologique de ces déploiements", estime l'élu. 

"On ne va pas aller au combat avec les collectivités locales, répond Stéphane Richard, le PDG d'Orange. On est là pour apporter une technologie pour le bien de la population, on n'est pas là pour imposer des choses dont la population ne voudrait pas".

"On a besoin de la 5G pour éviter la congestion et la saturation des réseaux mobiles, a également défendu M. Richard. La digitalisation de la société impose aux opérateurs de dimensionner leurs infrastructures pour faire face à l'évolution des usages". Il estime ainsi l’augmentation des usages chez Orange à "40% chaque année". 

Par ailleurs, la 5G est "bien meilleure en terme de performance énergétique" que la 4G, argumente-t-il, et "il n'y a aucune raison de penser que la 5G, du point de vue de l'exposition aux ondes électromagnétiques, est différente de la 4G". 

La semaine dernière, Julien Bayou, secrétaire national d’Europe Ecologie Les Verts, avait estimé au contraire sur France Inter que la 5G est "extrêmement consommatrice d’énergie", tout en soulignant à son tour qu’elle "pose des questions d’autonomie stratégique du pays".

Ce lundi, la Chine a appelé la France à garantir un environnement "équitable et non discriminatoire" à ses entreprises.

5G : la France creuse son retard
5G : la France creuse son retard © Visactu
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