Société

La Bourgogne timide pour accueillir des migrants

Par Christophe Tourné, France Bleu Bourgogne mardi 8 septembre 2015 à 8:47

ENTRETIEN | avec François Rebsamen, maire de Dijon et ministre démissionnaire

Initiatives citoyennes ou initiatives politiques, même si les sondages donnent une majorité de français toujours opposés à l'accueil des migrants, des villes, et des villages se manifestent pour les accueillir. Mais en Bourgogne, elles ne sont pas légion.

Au niveau national et même européen, les choses s'accélèrent en matière d'accueil des migrants. La commission Européenne impose à la France d'accueillir 24 000 réfugiés en deux ans mais dès cette semaine, ce sont un millier de migrants supplémentaires que le pays va recevoir en urgence.

Pendant ce temps en Bourgogne, le silence de l'immense majorité de nos élus commence à devenir assourdissant. Même s'il a en partie été rompu ce lundi soir, par François Rebsamen, le maire de Dijon qui s'est exprimé sur la question.

Pour l'ex-ministre du travail, s'il y a aujourd'hui "un devoir de solidarité humaine" , il faut d'abord règler la situation à Dijon.

Une immigration en provenance de la Corne de l'Afrique avec des demandeurs d'asile qui ont fui face au danger pour trouver refuge dans la capitale des Ducs et qui c'est vrai depuis 3 ou 4 ans, squattent des bâtiments inhabités. Il y a eu le squatt de l'école des Greffes, puis celui de la rue René Coty et actuellement celui de l'impasse de Reggio où se trouvent toujours une centaine de personnes en attente d'expulsion. Sauf que le maire omet ici de rappeler que ces logements n'ont pas été proposés par la ville mais squattés donc occupés illégalement.

A la question Dijon a t-elle assez de réfugiés et pourra t-elle faire plus pour les accueillir ? Le maire se défend de vouloir dire ça. Il promet que Dijon prendra sa part mais regrette que certains maires, cèdent à l'effet d'annonces en proposant ça et là des appartements pour loger 50 personnes.

Pour François Rebsamen, la réponse à apporter doit être réfléchie, pour offrir conclut il, des conditions humaines et dignes à ces gens qui souffrent.

Signalons aussi la bonne volonté du maire de Comblanchien qui se dit prêt à accueillir des réfugiés.

Les autres maires volontaires sont d'ailleurs invités à se faire connaître auprès de la préfecture de Côte d'or. Bernard Cazeneuve, le ministre de l'Intérieur, les reçoit samedi à Paris. En revanche à Droite, nos députés Côte-d'Oriens, pour une fois sont bien silencieux, pas de communiqué officiel ni de prise de position claire.