Société

La boxe anglaise, une discipline qui marque des poings

Par Ruddy Guilmin, France Bleu Maine jeudi 3 novembre 2016 à 16:29

Comme Clémentine, une vingtaine de jeunes filles sont déjà inscrites cette année au Boxing Le Mans métropole. Du jamais vu.
Comme Clémentine, une vingtaine de jeunes filles sont déjà inscrites cette année au Boxing Le Mans métropole. Du jamais vu. © Radio France - Ruddy Guilmin

Les six médailles (dont deux en or) ramenées cet été des Jeux olympiques par les boxeurs français ont braqué la lumière sur ce sport. Dans les clubs, les débutants affluent, notamment des jeunes filles. D'après la fédération, le nombre de licenciés devrait s'envoler de 15 % cette saison.

Reportage au Boxing Le Mans Métropole

Au Boxing Le Mans métropole, dans le quartier des Glonnières, au Mans, ça fait plus de dix ans que les punching-balls et les sacs encaissent les coups. Sauf que cette année, l'entraîneur Abdel Arik s'avoue légèrement "débordé". En deux mois, le club a déjà enregistré 76 inscriptions. L'an dernier, il avait fallu six mois pour atteindre cette jauge. Pour l'entraîneur, pas de doute, c'est bien l'effet Jeux Olympiques :

Il y a beaucoup de débutants et beaucoup de filles. Quand on leur demande pourquoi elles font de la boxe, elles nous disent que c'est pour gagner, pour être une championne."

Abdel Arik est l'entraîneur du Boxing Le Mans Métropole - Radio France
Abdel Arik est l'entraîneur du Boxing Le Mans Métropole © Radio France - Ruddy Guilmin

Dans tous les clubs, des effectifs en hausse

Les performances et l'attitude des combattants français cet été aux Jeux Olympiques ont offert à la discipline une vitrine exceptionnelle. D'ores et déjà, les inscriptions s'envolent, notamment dans les sept clubs sarthois, où l'on dénombre déjà, en deux mois, 221 licenciés dont 59 femmes (pour 379 dont 82 femmes à la fin de la saison dernière). "A l'échelle des Pays de la Loire, explique Marie-Annick Codet, la responsable du comité régional, on est déjà à 400 inscriptions de plus que l'an dernier à la même période." Sur ces bases, la fédération, qui rassemble 52.000 boxeurs, envisage les 60.000 d'ici la fin de la saison, soit une augmentation de 15 %.

Les profils des boxeurs français médaillés, à mille lieues des clichés habituels de "grosses brutes" ont renvoyé une image tellement saine et positive que certains sont devenus de vrais modèles pour les jeunes, notamment les deux féminines titrées souligne le DTN (directeur technique national), le Coulainais Kevinn Rabaud : "L'une est championne olympique et ingénieur informatique, Estelle Mossely. Et une autre mère de famille, chef d'entreprise, diplômé de Science-Po, Sarah Ourahmoune, est médaillée d'argent. Donc c'est vrai que nous avons deux belles ambassadrices." Entamée il y a quelques années déjà (+ 6 % en trois ans), la féminisation de la boxe est aujourd'hui une réalité, à tel point qu'un pratiquant sur quatre en France est une femme. Et la tendance devrait s'accentuer encore cette année. Au Boxing Le Mans métropole par exemple, vingt filles ont déjà franchi les portes, soit autant que sur l'ensemble de la saison dernière.

Clémentine Guéné-Mercurin est au club de puis 5 ans. Pourquoi fait-elle de la boxe ?

Des clubs victimes du succès de leur sport

Mais il y a aussi le revers de la médaille. L'engouement est tel que certains clubs en France sont contraints de refuser des inscriptions, faute de salles ou de créneaux suffisants regrette le DTN, Kevinn Rabaud :

On est en limite de capacité d'accueil. J'aimerais maintenant que les élus locaux prennent en considération cette discipline, qu'ils offrent plus de créneaux, qu'ils donnent la possibilité à nos associations de mieux accueillir ce nouveau public."

"On est en limite de capacité d'accueil"

En Sarthe, pas de phénomène de saturation pour le moment. Mais il est d'ores et déjà acquis que les 379 licenciés de la saison dernière seront largement dépassés d'ici le mois de juin.