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Société

La boxe comme thérapie

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Par , France Bleu Maine

Utiliser la boxe pour canaliser la violence et retrouver confiance en soi. C'est l'expérience menée en ce moment par deux membres de l'association d'aide sociale Montjoie. Un psychologue et un éducateur sportif invitent des enfants et des adultes à monter sur le ring pour vaincre leurs traumatismes.

Les combats durent 1 minute 30. Ils sont suivis par une psychologue. Les coups sont retenus. Le but n'est pas de faire mal mais de libérer la parole et les émotions des patients
Les combats durent 1 minute 30. Ils sont suivis par une psychologue. Les coups sont retenus. Le but n'est pas de faire mal mais de libérer la parole et les émotions des patients © Radio France - yann lastennet

Allonnes, France

Cette technique s'appelle la psychoboxe et c'est la première fois qu'elle est utilisée en Sarthe. Les séances se déroulent au gymnase Pasteur à Allonnes. Nous sommes loin de l'ambiance feutrée d'un cabinet de psychiatre. Ici pas de divan mais un ring de boxe. Face à face : il y a Jérôme, le patient, et Farid, éducateur sportif.  Le combat dure une minute et trente secondes. Les coups sont retenus. Le but n'est pas de faire mal mais de pousser le patient dans ses retranchements pour exprimer son mal être. " Le ring, c'est un endroit dont on ne peut pas s'échapper" explique Jérôme. " Soit vous subissez, soit vous résistez, soit vous attaquez. J'ai beaucoup subi dans ma vie et le fait de ne pas pouvoir m'échapper, cela m'a permis de faire face à ce qui me faisait mal. Quand on vous pousse dans le sport, cela vous libère d'une certaine colère, d'une certaine tristesse, d'émotions qui sont plus ou moins négatives et du coup cela ouvre au dialogue".  

Jérôme a été l'un des premiers patients sarthois à participer à des séances de psychoboxe. Et l'expérience a été concluante

Mettre des mots sur les maux

Jérôme, le patient, est poussé dans ces derniers retranchements par Farid, le psychoboxeur. Les coups sont retenus et le patients peut à tout moment interrompre le combat   - Radio France
Jérôme, le patient, est poussé dans ces derniers retranchements par Farid, le psychoboxeur. Les coups sont retenus et le patients peut à tout moment interrompre le combat © Radio France - yann lastennet

Et c'est justement l'objectif : libérer la parole et l'émotion. La boxe comme exutoire, une technique qui vient en complément du travail du psychiatre explique Farid Gourri, éducateur sportif et psychoboxeur. "Quant on met des gants et quand on boxe, çà fait écho à leur propre traumatisme. Souvent, les patients ont été humiliés, mal traités violentés. Cela entraîne des émotions qui étaient impossible à gérer pour eux. Ces émotions ressortent lors du combat. Notre rôle, c'est de leur donner des clefs pour les contrôler et vivre avec. On est là pour les aider à se renforcer psychiquement et corporellement". 

Farid Gourri, éducateur sportif et psychoboxeur

La séance est suivie par Stéphanie Gandil, une psychologue, qui analyse chacun des gestes du patients. Après chaque "combat", elle débriefe la séance avec le patient et l'aide à trouver des clefs pour surmonter son traumatisme. " C'est au patient de prendre conscience qu'il peut surmonter l'épreuve. Avec la boxe, c'est le corps qui s'exprime et le corps ne ment pas. Quand on dialogue face à un psychiatre, on arrive à manier notre langage pour donner une image ou calculer ce qu'on veut dire ou ne pas dire. Dans le sport, on ne peut pas faire se genre de calcul. On est poussé dans ses retranchements. L'objectif pour le patient, c'est de se libérer. de passer un cap pour ensuite aller de l'avant. Comme un écrivain qui, une fois fini le livre, tourne la page et passe à autre chose". 

Stéphanie Gandil, psychologue, observent les gestes des patients dans lors des séances de boxe. Puis elle débriefe avec lui pour l'aider à vaincre ses traumatismes

Après chaque "combat",  le patient débriefe avec les 2 psychoboxeurs qui lui proposent des clefs pour soit canaliser sa violence, soit vaincre sont traumatisme   - Radio France
Après chaque "combat", le patient débriefe avec les 2 psychoboxeurs qui lui proposent des clefs pour soit canaliser sa violence, soit vaincre sont traumatisme © Radio France - yann lastennet

Cette technique créée en 1970 par le psychanalyste Richard Hellbrunn n'est pas encore reconnue et donc remboursée par la sécurité sociale. Ce qui est un frein pour la prise en charge de certains patients