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Société

La "brigade des daronnes" de Villeneuve-Saint-Georges : des mamans luttent contre le trafic de drogue

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Par , , France Bleu Paris

Depuis plus de deux semaines et suite à la mort d'un jeune de 23 ans, une dizaine de mamans organise des maraudes dans le quartier du Plateau à Villeneuve-Saint-Georges (Val-de-Marne) pour dire aux mineurs de rentrer chez eux et tenter d'endiguer le trafic de drogue. On les appelle les Daronnes.

La brigade des Daronnes
La brigade des Daronnes © Radio France - Valentin Dunate

Villeneuve-Saint-Georges, Val-de-Marne, France

"Tu as 15 ans, rentres chez toi, ta mère va s'inquiéter ! Tu fais quoi là ? Tu es venu voir une fille ? Demain, il y a école, rentres chez toi !" : voilà l'une des scènes qui s'est déroulée ce mardi 10 septembre 2019 dans un centre commercial (un point de deal) du quartier du Plateau à Villeneuve-Saint-Georges où une dizaine de femmes organisent des maraudes depuis plus de deux semaines. 

"Le déclic, ça été la mort de Nicolas" explique Maryline. En effet, depuis le début de l'année, trois jeunes sont morts à Villeneuve-Saint-Georges "tués par des habitants de la ville, par des voisins", parfois pour quelques centaines d'euros. Nicolas avait 23 ans, il a été tabassé à mort au mois d'août "et c'est ça qui a tout déclenché"

Fazia explique : "Ce jour là, on s'est dit : stop ! Il faut mettre fin à la violence. Alors, on eu l'idée de sortir et de faire rentrer les mineurs. Parfois, je prends même mon téléphone et j'appelle les parents. Il fait quoi votre fils dehors à cette heure ci ?". Ces femmes ont commencé leur action à la fin du mois d’août et depuis, chaque soir ou presque, elles sortent "à des horaires différents, parce que maintenant, ils nous ont repéré et puis, certaines d'entre nous travaillent à 05h00 du matin".   

Parfois, je prends mon téléphone et j'appelle les parents. Il fait quoi votre fils dehors à cette heure ci ?"   

Sydi, 15 ans vient d'être sermonné et comprend tout à fait la mission de "la brigade des daronnes". "Oui, c'est normal. C'est comme les daronnes du quartier, c'est pas comme les policiers. C'est comme si notre mère nous parlait, alors on écoute"

Ces jeunes qui "se sentent délaissés et abandonnés par la société, comme l'explique Souad (qui habite ici depuis 13 ans), ne bronchent pas quand ces mamans leur demandent de rentrez chez eux. 

"On court après les jeunes, on les taquine, on plaisante avec eux, comme ça, quand ils nous voient, ils se lâchent et avec nous, ils vont retrouver un peu d'espoir quand même". Parce qu'en plus, ces mamans ne font pas que faire des maraudes le soir. Elles essayent aussi de leur trouver des stages, du travail. 

Des commerçants solidaires des mamans

Elles vont également voir les commerçants et leur demandent de baisser le rideau à 23h00, ce qu'un kebab a accepté de faire. C'est une première victoire pour Fazia. "La vie d'un enfant ou une maman qui perd son enfant, ça vaut pas une canette de coca à un euro ou un sandwich à cinq euros. Donc, je suis vraiment fière et contente parce que maintenant, à 22h00, aucun mineur ne peut prendre son kebab sans l'accompagnement d'un adulte et à 22h30, le rideau est baissé".   

Villeneuve-Saint-Georges : la ville la plus pauvre du département   

Interrogée par France Bleu Paris, la maire (PCF) de Villeneuve-Saint-Georges soutient ces femmes "dignes et généreuses". "Je les soutiens de tout mon cœur" explique Sylvie Altman. "Ce qu'elle font, ça n'a aucun rapport avec une milice (au cas où, il y aurait un doute). Ce qu'elles veulent : c'est dire stop à la violence avec cette envie d'agir concrètement"

Ces mamans dénoncent pour leur part "l'hypocrisie" des politiques". Maryline par exemple a vu "l'évolution dans le mauvais sens du quartier, la non-prise en compte par les pouvoirs publics de la détresse des gens". Pour elle et les autres mamans "la cité a été totalement enclavée, abandonnée et la mairie comme l'Etat ne font rien".  

La Préfecture du Val-de-Marne précise néanmoins que l'an dernier, 570.000 euros ont été investi dans des projets associatifs au titre des politiques de quartier prioritaire de la politique de la ville. "Un chiffre qui ne fait qu'augmenter" mais qui n'est pas suffisant pour ces mamans qui continueront "à se battre pour tous les enfants du quartier".

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