Société

La Chapelle-Saint-Mesmin : l'appel de détresse d'un père pour son fils, Léo, six ans et autiste

Par Aurore Jarnoux, France Bleu Orléans et France Bleu vendredi 20 janvier 2017 à 6:00 Mis à jour le vendredi 20 janvier 2017 à 8:42

Jonathan Gadrat (à droite) en compagnie de Michel Ricoud, conseiller municipal PCF d'Orléans.
Jonathan Gadrat (à droite) en compagnie de Michel Ricoud, conseiller municipal PCF d'Orléans. © Radio France - Aurore Jarnoux

Jonathan Gadrat, habitant de La Chapelle-Saint-Mesmin près d'Orléans, cherche désespérément une place en institut médico-éducatif pour son fils autiste, Léo. Le garçon de six ans ne va que deux jours par semaine à l'école. Insuffisant pour son père qui attend une aide de l'Etat depuis deux ans.

"On est complètement désemparés !" : ce sont les mots de Jonathan Gadrat, habitant de La Chapelle-Saint-Mesmin et papa d'un petit garçon autiste. Le père de famille est inquiet, désemparé. Le petit Léo, six ans, ne va à l'école que deux jours par semaine, et encore, seulement de 10h à 12h30.

Le père de famille au chômage pour s'occuper de son fils

"Il ne peut pas avancer, progresser avec des horaires si courts, s'agace Jonathan Gadrat. Mon fils a six ans, normalement au moins de septembre, il doit rentrer en primaire mais pour l'instant, il en est incapable."

Aujourd'hui, Léo commence à faire des phrases, il a un comportement d'enfant de quatre ans et non de six ans" - Jonathan Gadrat

Cela fait cinq mois maintenant que le père de famille n'a plus de travail. Il évoluait dans le milieu de la restauration, un secteur incompatible avec les nombreux rendez-vous liés à la maladie de son fils. Payer une nourrice était hors budget. "Je m'occupe de mon fils à plein temps, explique Jonathan Gadrat. Pour vivre, j'ai droit à Pôle Emploi, mais jusqu'à quand, je ne sais pas."

Les douze IME du Loiret sont surchargés

Jonathan Gadrat n'espère qu'une chose : une place dans un institut spécialisé, un IME, pour son fils. Depuis deux ans, il multiplie les démarches mais n'obtient aucune réponse. "Le problème avec les IME, c'est que les places sont très dures à avoir, souligne le père de Léo. Et l'Agence régionale de santé ne veut pas se mouiller".

Quand on envoie une lettre au président de l'ARS, il n'a même pas le courage, l'audace de répondre" - Jonathan Gadrat

Jonathan Gadrat aimerait au moins qu'on le reçoive pour un rendez-vous. Deux autres pères d'enfant autiste le soutiennent et veulent eux aussi des réponses à leurs nombreuses questions. Ils lancent d'ailleurs tous les trois un appel aux autres parents dans la même situation. "J'ai envie de leur dire : on est là pour avancer ensemble et on ne vous laissera pas tomber", lance Jonathan Gadrat.

Moi en tant que père de famille, je ne lâcherai pas et je soutiendrai mon fils jusqu'au bout"- Jonathan Gadrat

Des solutions ont été proposées, selon l'inspection académique

L'Agence régionale de santé explique n'avoir pris connaissance de la problématique que le mois dernier. En réponse, l'ARS va contacter la MDPH du Loiret, la Maison départementale des personnes handicapées, qui est chargée d'étudier les dossiers pour une future inscription en IME.

De son côté, l'inspection académique du Loiret dit avoir fait des propositions à Jonathan Gadrat en attendant une place en institut. "Il a été proposé que le jeune Léo soit maintenu en classe maternelle avec un accompagnement à la vie scolaire, précise Emmanuel Virton, inspecteur en charge des élèves en situation de handicap. L'inspection académique a également contacté des structures de soin pour accompagner davantage le petit garçon.

Jonathan Gadrat ne se satisfait pas de ces réponses et dit vouloir aller jusqu'au bout. Avec le conseiller municipal PCF d'Orléans, Michel Ricoud, qui le soutient, il est prêt à se déplacer à l'Agence régionale de santé et à y rester jusqu'à l'obtention d'un rendez-vous.