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Atteinte d'une maladie incurable, l'écrivaine Anne Bert a été euthanasiée en Belgique

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La Charentaise-maritime Anne Bert s'est éteinte ce lundi matin dans un hôpital belge. L'écrivaine de 59 ans était atteinte d'une maladie incurable, la maladie de Charcot. Elle avait fait de sa fin de vie un combat pour reconnaître en France le droit de choisir le moment de sa mort.

La Saintaise Anne Bert à son domicile de Saintes en mars 2017
La Saintaise Anne Bert à son domicile de Saintes en mars 2017 © Radio France - Julien Fleury

C'était une décision de longue date. Anne Bert a été euthanasiée ce lundi matin peu après 9h, dans un hôpital belge. "Comme elle l'avait souhaité", a précisé sa fille à l'AFP en annonçant ce décès. L'écrivaine de 59 ans était atteinte de la maladie de Charcot, qui la condamnait à une mort certaine. Mort qu'Anne Bert voulait choisir elle-même . Ce fut le combat de ses derniers mois, combat pour lequel elle avait alerté en vain les candidats à l'élection présidentielle. L'écrivaine laisse un livre testament, à paraître mercredi ce mercredi chez Fayard : Le tout dernier été. Anne Bert avait prévenu quelques semaines avant sa mort qu'elle ne serait "plus là pour sa parution".

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C'est moi qui vais devancer la maladie de Charcot" - Anne Bert, en mars dernier

"Je ne baisse pas les bras en demandant à mourir, confiait l'écrivaine à France Bleu La Rochelle en mars dernier. Ce n'est pas la maladie de Charcot qui va m'assassiner, c'est moi qui vais décider de la devancer. Elle ne me fera pas subir l'horreur. C'est une maladie qui rend fou, expliquait-elle alors. Si je n'étais pas très équilibrée, je crois que je deviendrais folle ou terriblement dépressive. Mais je ne suis pas dépressive, je suis lucide. C'est un apaisement de savoir qu'on va pouvoir être libéré de cette horreur."

En Belgique, l'euthanasie est autorisée depuis 2002

La loi française autorise depuis 2016 la "sédation profonde et continue" jusqu'au décès, une administration de substances anti-douleur qui s'apparente à un droit à être endormi sans être réveillé. Cette législation "répond plus aux préoccupations des médecins qu'aux droits des patients qui souhaitent ne pas aller au terme de leur maladie incurable ou accepter d'insupportables souffrances", regrettait Anne Bert dans sa lettre ouverte aux candidats à la présidentielle.

Elle avait choisi de mourir en Belgique où elle était suivie depuis décembre. "Un déchirement, expliquait Anne Bert en mars dernier. C'est comme fuir, et ça me heurte de quitter mon pays pour aller mourir ailleurs." En Belgique, l'euthanasie active est autorisée depuis 2002 pour les patients souffrant d'un mal incurable et qui ont formulé leur demande "de manière volontaire, réfléchie et répétée". Et pour Anne Bert, aller mourir en Belgique, "c'est demander à une autre Nation de faire ce que ma Nation aurait dû m'autoriser."

Ce lundi, le Journal du dimanche publie la dernière lettre d'Anne Bert. Dans ce texte, publié à titre posthume, l'écrivaine s'adresse "à vous, citoyens libres d'une France démocratique laïque", et appelle à prendre "le relais de ce combat pour qu’advienne cette loi française qui doit garantir à tous la liberté de choisir en son âme et conscience les soins palliatifs ou l’aide active à mourir".

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