Santé – Sciences

Une chercheuse mancelle détecte une grave maladie pulmonaire... à l'odeur

Par Marie Mutricy, France Bleu Maine samedi 15 octobre 2016 à 6:50

La chercheuse sarthoise Audrey Courboulin a reçu une bourse L'Oréal-Unesco pour les Femmes et la Science qui va lui permettre de financer ses études de médecine.
La chercheuse sarthoise Audrey Courboulin a reçu une bourse L'Oréal-Unesco pour les Femmes et la Science qui va lui permettre de financer ses études de médecine. - Fondation L'Oréal

Une chercheuse sarthoise a été récompensée mercredi par L'Oréal et l'Unesco. Audrey Courboulin a reçu une bourse de 20 000 euros pour ses recherches sur une maladie rare et mortelle, l'hypertension artérielle pulmonaire qui touche en majorité des femmes entre 20 et 40 ans.

Une chercheuse sarthoise a été récompensée mercredi pour l'originalité de ses recherches. Audrey Courboulin travaille sur l'hypertension artérielle pulmonaire au laboratoire de l'Université Paris-Sud, Paris Saclay. La maladie rare et mortelle touche en particulier les femmes entre 20 et 40 ans et n'a pas pour le moment de traitement efficace. Audrey Courboulin et son équipe ont développé un nez artificiel capable de détecter la maladie ce qui a développé des pistes pour éventuellement soigner l'affection. La fondation L'Oréal lui a donc remis le prix L'Oréal-Unesco pour les Femmes et la Science. Une bourse de 20.000 euros qui va permettre à la jeune femme de financer ses études de médecine. Audrey Courboulin veut être pneumologue "_pour mieux accompagner les patient_s".

Audrey Courboulin explique ses pistes de recherche pour soigner l'hypertension artérielle pulmonaire.

L'odeur de la maladie

Audrey Courboulin travaille sur un récepteur olfactif également présent dans les cancers de la prostate. "On parle de récepteur olfactif car il y en a dans le nez. En réalité c'est une molécule qu'on trouve partout dans notre corps. Mais beaucoup plus nombreuses en cas de cancer, explique la chercheuse de 34 ans. Et nos cellules pathologiques de l'hypertension artérielle pulmonaire fonctionnant de la même manière, on s'est demandé si nous ne pouvions pas détecter la maladie en analysant le souffle de nos patients". Et c'est le cas, le nez artificiel qui est en fait un ordinateur très performant a trouvé bien plus de ce marqueur olfactif chez les patients atteints d'hypertension artérielle pulmonaire.

Détruire le marqueur pour soigner la maladie ?

Or cette "odeur" est en fait le signe que la cellule est malade. Comme dans les cancers, elle ne se détruit plus, n'est plus évacuée par l'organisme. Dans les poumons du malade, ces cellules finissent par bloquer les vaisseaux des poumons. A terme, le patient fait un arrêt cardiaque. C'est la piste sur laquelle travaille Audrey Courboulin : "Est-ce que si j'inhibe ce marqueur, si j'arrive à faire mourir ses cellules, est-ce que j'arriverais à déboucher les vaisseaux ?". Mais cela prendra encore du temps. Il faut en moyenne au minimum dix ans entre la recherche en laboratoire et le développement d'un médicament.

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