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La cohabitation entre chasseurs et promeneurs est-elle possible dans l'Hérault ?

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Par , France Bleu Hérault

Depuis que la ville de Montpellier a interdit deux secteurs à la chasse, le débat entre pro et anti chasse s'anime de nouveau. Les chasseurs sont chargés de réguler les populations de sangliers mais comme partout il y a des dérives. Nous faisons le point avec l'Office Français de la Biodiversité.

La fédération des chasseurs et la fédération de randonnée pédestre dialoguent pour améliorer la cohabitation
La fédération des chasseurs et la fédération de randonnée pédestre dialoguent pour améliorer la cohabitation © Maxppp - Leyla Vidal

Les chasseurs seront-ils bientôt persona non grata dans la métropole de Montpellier ? Le débat est lancé depuis la décision de la ville de Montpellier d'interdire la chasse sur deux zones, 9 ha qui appartiennent à la Métropole dans le quartier Millénaire-Grammont et à l'est de Montpellier. Certains élus souhaiteraient étendre cette interdiction de chasse à d'autres secteurs de la Métropole. En représailles, les chasseurs menacent de ne plus poser les cages qui permettent la capture des sangliers en milieu urbain.

Vincent Tarbouriech chef du service départemental de l'Office Français de la Biodiversité (en charge de la police de la chasse notamment) dans l'Hérault.

"Quand les gens discutent, les choses s'apaisent, on apprend à se connaître."

La cohabitation entre chasseurs et promeneurs est-elle si problématique que cela ?

Sur le terrain nos missions de police qui visent à assurer la sécurité à la chasse. On discute beaucoup avec les chasseurs et avec les randonneurs et je pense que des deux côtés, il y a le même pourcentage de personnes qui ne souhaitaient pas discuter. 

Mais il faut quand même nuancer tout ça parce qu'il y a de gros efforts qui sont faits de part et d'autre, que ce soit par la Fédération départementale des chasseurs de l'Hérault, mais aussi de la part de la Fédération française de randonnée pédestre. Ca discute. Et quand les gens discutent, on arrive à bien apaiser les choses, à se comprendre et surtout à se connaître. 

Mais est ce qu'il y a vraiment des zones où les promeneurs sont mis en insécurité par la chasse? 

On va dire qu'il y a des secteurs qui sont peut être un peu plus compliqués à gérer. On a par exemple le massif de la Gardiole. C'est un peu le défouloir montpelliérain avec des motos, des 4/4, des quads, des vélos, des randonneurs, et aussi les chasseurs qui essaient de réguler les populations, notamment de sangliers. C'est vrai que ça peut être conflictuel par endroits, mais il suffit de discuter.

Il suffit que le chasseur décharge son arme et discute avec la personne et lui propose de passer par un autre chemin ou d'éviter le secteur parce qu'il y a des chiens qui vont traverser. Il faut faire de la pédagogie et accepter aussi cette activité qui s'exerce, qui est peut être mal vue par certains au niveau national, mais qui est nécessaire pour essayer de réguler cette population de sangliers. 

"En 2020, les chasseurs ont tué près de 20.000 sangliers dans l'Hérault, c'est une véritable obligation pour eux de réguler cette population qui cause d'énormes dégâts."

Quel est l'importance de cette régulation des sangliers ?

Déjà, il ne faut pas oublier que la chasse est un sport-loisir, mais ça devient maintenant presque une obligation. On chasse dans le département de l'Hérault le sanglier quasiment du mois de juin au mois de mars pour essayer de faire diminuer les populations qui augmentent d'année en année. L'année dernière ce sont près de 20.000 sangliers qui ont été tués dans le département. 

Donc, s'il n'y a pas cette action de régulation qui est organisée, les populations vont encore plus exploser. Une femelle sanglier par exemple, cela peut donner entre six et huit petits chaque année

On a vite fait de faire un calcul et de voir une courbe exponentielle de la population que ça peut engendrer et les dégâts agricoles que ça peut générer aussi derrière. Les dégâts agricoles sont indemnisés par les chasseurs (avec l'argent de leurs cotisations annuelles). 

"Certains chasseurs nourrissent les sangliers ce qui favorisent leur multiplication, c'est évidemment interdit."

On a bien compris ce rôle de régulateur des chasseurs. Néanmoins, certains disent que certains chasseurs nourrissent les sangliers pour en avoir encore plus à tuer, est-ce un fantasme ou une réalité ? 

L'agrainage de dissuasion c'est quelque chose d'autorisé et de réglementé au niveau national et au niveau préfectoral. Normalement, la pratique consiste à maintenir des populations loin des cultures où ils peuvent causer dégâts pour les cantonner dans les bois. Si c'est bien appliqué, il n'y a aucun souci et ça fonctionne.

Le problème, c'est que certaines personnes vont dévoyer ce système et pratiquer non pas de l'agrainage de dissuasion, mais du nourrissage, soit avec des baguettes de pain, avec des cacahuètes des melons etc... 

Et c'est vrai que là, par contre, ça devient comme un distributeur automatique de nourriture et  les animaux sauvages quand ils cherchent leur pitance par eux mêmes, ils vont aller au plus simple. Ça favorise évidemment le cantonnement des populations de sangliers sur ces secteurs. 

Vous avez mis beaucoup de PV ces derniers mois sur ce genre de pratiques ?

Une dizaine de procédures de flagrant délit chaque année. Ce n'est pas évident à constater. C'est très rapidement fait, il suffit de reculer avec un camion plein de melon et de laisser ça dans un endroit et de vite repartir sans être vu. Donc c'est pas évident. C'est 135 euros d'amende forfaitaire et ça peut aller jusqu'à 750 et une convocation au tribunal si il y la récidive. 

Vincent Tarbouriech, chef du service départementale de l'Office Français de la Biodiversité

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