Société

La Corse compte 20% de pauvres

Par Patrick Rossi, France Bleu RCFM mardi 8 novembre 2016 à 18:27 Mis à jour le mercredi 9 novembre 2016 à 7:27

Pauvreté, précarité, jeunes et moins jeunes ont témoigné à l'occasion de la journée régionale de lutte contre la pauvreté et pour l'inclusion sociale
Pauvreté, précarité, jeunes et moins jeunes ont témoigné à l'occasion de la journée régionale de lutte contre la pauvreté et pour l'inclusion sociale © Radio France - Jérôme Susini

Porticcio accueillait, mardi 8 novembre la journée régionale du plan de lutte contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale. Son objectif : sensibiliser les partenaires institutionnels et associatifs à la nécessité de travailler en commun pour réduire la pauvreté en Corse.

Les chiffres font froid dans le dos. La situation a beau ne pas être nouvelle, mais les statistiques avancées à l'occasion de la journée régionale du plan de lutte contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale donnent le tournis.

20% des corses sont pauvres. Autrement dit, un corse sur cinq vit sous le seuil de pauvreté avec moins de 990 euros par mois . Ce triste record de France a été rappelé à l'occasion de cette journée régionale de lutte contre la pauvreté co-présidée par le préfet de Corse et le président de la collectivité territoriale de Corse. Jean-Philippe Vinquant, Directeur Général de la Cohésion Sociale du Ministère des Affaires Sociales et de la Santé participait également à cette journée régionale. Un tiers des foyers est en grande détresse sociale. C'est ce qui ressort de l'enquête menée par l'INSEE. Magalie Bonnefond, chef du service d'études à l'INSEE confirme que " la Corse est soumise à une forte pauvreté monétaire. Le taux de pauvreté s’élève à 20,4%. Cela en fait la région de France la plus pauvre. Autrement dit, 20,4% des personnes vivent dans des ménages dont les revenus sont inferieurs à 990€/mois. Toutes les catégories de ménage sont concernées par cette pauvreté. Comme dans les autres régions de France, les plus touchés par la pauvreté sont les familles monoparentales et les jeunes. Et spécifiquement en Corse, on constate aussi que les personnes âgées sont particulièrement pauvres."

Les jeunes sont aussi confrontés à cette situation de pauvreté. Des jeunes généralement "largués" par la société. Guilhem a 19 ans et explique : "lorsque l’on fait une demande et qu’elle n’est acceptée que trois mois plus tard, que fait-on en attendant ? Certains font des formations, des stages. D’autres sont perdus et se laissent aller. Et si personne n’est derrière, leur situation devient compliquée. La pauvreté pour un jeune c’est ne pas avoir d’argent, pas de travail, pas de logement ou se retrouver tout simplement à la rue."

Les difficultés de cette jeunesse se vérifient concrètement à Corte. Jeremie Palmesani est l'un des responsable d'Aiutu Studientinu. Et le constat qu'il établit est effarant : "on constate au fil des ans une augmentation de la fréquentation de l’épicerie solidaire sur le campus. En cinq semaines, nous avons accueilli nous avons accueilli soixante étudiants. Il y a de plus en plus d’étudiants qui vivent mal à Corte. Nous sommes dans une situation d’urgence."

D'autres études seront menées très rapidement sur le territoire dont une en Balagne sur la notion du "non recours". Il s'agira de comprendre pourquoi les personnes en situation de précarité "s'isolent" en quelque sorte. Anne Ottavi, du service de la cohésion sociale indique ainsi : "la feuille de route prévoit la mise en œuvre d’une expérimentation sur le non recours aux droits des personnes en situation de pauvreté. Le non recours c’est lorsque les gens n’ont pas connaissance de leurs droits, où ne demandent les services auxquels ils ont droits … cela peut être le non recours à des soins, des aides, y compris le logement."